Les
craintes d'orage ayant été dissipées par le vent, la première
journée du festival a pu se dérouler dans une fraîcheur relative
mais bienvenue après la canicule. Dès 10h du matin, samedi,
visiteurs et curieux pouvaient admirer des milliers de carnets aux
étals de la soixantaine d'exposants. Cousus mains, décorés, à
élastique, lignés, immenses ou minuscules, à carreaux, à croquis,
personnalisés, à couverture de bois ou de cuir, en matières
végétales, tous les types imaginables étaient représentés.
Travaux d'Alfred Boudry : récits, contes, nouvelles, poèmes, essais, chroniques, photographies, dessins, billets d'humeur, histoires vécues, critiques, satires, pamphlets, curiosités, objets inclassables, ateliers d'écriture et même des romans...
PROJET ADYNATA: MAISON D'EDITION SANS EDITEUR
- HIC ET NUNC
- PROJET ADYNATA : Maison d'édition sans éditeur
- PUBLICATIONS disponibles
- REVUE de PRESSE
- AUTRES PUBLICATIONS immanentes ou non
- Les DESAMANTS : le rêve perdu de George Bass
- SUITE NOMEDIENNE : 7 documents de la 2e génération
- SIX CONTES illustrés
- L'EUSTACHE boîte à outils universels
- LOGOTOMIE apologie de la liberté d'écrire
- L'EPOUVANTABLE CHARNIERE essai sur les 100 ans du cinéma
- METHODE D'EDITEUR ou comment traiter un manuscrit
- APHORISM'N'BLUES à méditer ou à railler
- BEAUX & BONS LIVRES à lire et à offrir
- Comment vous procurer mes publications?
mercredi 12 juillet 2017
Festival Les Carnets, 2e édition
mardi 11 juillet 2017
Il était une mauvaise foi: chap. 7
7. MANIPULATIONS DE MASSE & TECHNIQUES DE CONTRÔLE
Le best-seller se
situe ainsi au croisement de la technique et de la magie, du miracle
et de l'industrie lourde.
Frédéric
ROUVILLOIS
7.1 LE GAI MORVEUX ou "Comment inculquer l'industrie aux enfants"
Cette partie
s'adresse aux enfants ; je veux dire aux enfants que nous sommes
tous censés avoir gardés en nous. Nous commencerons donc par une
zoulie anecdote :
Je commis un jour
l'erreur de donner rendez-vous à une amie dans un salon de
thé-librairie anglaise. Je ne regardais pas du tout les infos et
n'étais donc pas au courant de l'événement mondial le plus
important du jour. A vrai dire, je ne m'en portais pas plus mal, mais
c'est parce que j'ignorais que je fusse malade.
mercredi 5 juillet 2017
Il était une mauvaise foi: Chap. 6
6. LES GHETTOS LITTÉRAIRES
Je ne crois pas
qu'on puisse classer les romans par genre. [...] C'est une idée
professorale [...] que je n'ai jamais ressentie.
Jacques LAURENT
6.1 BARRIÈRES INVISIBLES & FENÊTRES MENTALES ou Comment calmer un auteur un peu trop excité
La surdité
traditionnelle du dialogue entre éditeurs et auteurs ne saurait être
aussi bien illustrée que par ce que j'appelle la "plaie du
gabarit". Tous les concours de nouvelles, toutes les anthologies
en recherche de textes, précisent dans leur règlement que les
"documents soumis doivent faire au plus tant de signes."
Certains précisent même que "la longueur du texte importe peu,
pourvu que ce soit un maximum de
tant" !
Ce qui doit être une forme d'ironie, sport intellectuel parfois si
subtil qu'il en devient indécelable.
lundi 26 juin 2017
Il était une mauvaise foi: Chapitre 5
5. LA COLLUSION EDITEURS / ETAT
Attenter
à la littérature d’aujourd’hui, en montant en épingle de faux
écrivains et en en mettant de bons au secret, c’est fomenter les
crimes de demain.
Antonin
ARTAUD
Dans les années
1980, comme partout ailleurs dans le monde occidental, les choses
commencèrent à se gâter. La guerre des éditeurs venait de
commencer, doucement, sournoisement, à l'insu du grand public. Un
triste individu, riche à crever (mais n'ayant pas assez
d'imagination ni de délicatesse pour crever vite et seul), hérita
d'un empire financier colossal, ce qui le mena à se prendre pour le
Charles Quint du XXe siècle. Parmi les pièces luxueuses
de son vaste domaine éclaté, il y avait un mini-empire éditorial ;
des journaux, des maisons d'édition, des imprimeries, des groupes de
diffusion et de distribution1.
mercredi 7 juin 2017
Il était une mauvaise foi: Chap. 4
4. LA « SOLUTION » NUMÉRIQUE ou Peut-on (se) sortir seul du marasme ?
Afin d'avoir en
caisse le profit de l'annonce [publicitaire], on eut de la
complaisance pour les livres annoncés.
SAINTE-BEUVE
Voici le compte
rendu d'une conférence prétendument tournée vers l'avenir ; le
but de ce chapitre est de plonger le lecteur dans la peau d'un
écrivain essayant de comprendre ce qui se passe sans pour autant se
noyer. Internet étant de plus en plus considéré comme la panacée
de l'avenir littéraire, cette conférence parlait de "révolution
numérique". Pour ceux qui croiraient encore qu'Internet est la
solution miracle qui permettra à tout un chacun d'échapper à
l'emprise des lois, voici le genre de propagande "subtile"
qui se répand dans la "réalité virtuelle" (sic).
La chose sera assez technique, mais vous n'y couperez pas ; le
but est bien de vous faire toucher du doigt les difficultés du
problème ; après, il faudra vous laver les mains. En d'autres
termes, si vous croyez qu'on peut faire de la bonne cuisine sans se
salir, laissez tomber et rendez-vous (sans résistance) au McDo' le
plus proche.
lundi 29 mai 2017
Il était une mauvaise foi: chap 3, Traduire ou comprendre
3. TRADUIRE OU COMPRENDRE
Écrire tordu
pour épargner des mollusques ? Merci bien. Ce qu'il ne faut pas
dire, c'est peut-être justement ce qu'il faut écrire.
Léa BELMONT (in
Nuit gravement au salut, Henri-Frédéric Blanc)
Je nous
épargnerai mes vingt-cinq ans d'expérience dans le domaine peu
gratifiant de la traduction technique non assermentée pour passer
directement à celui de la traduction littéraire.
Ces derniers temps, j'ai surtout pris conscience que le grand public ignore la plupart du temps en quoi consiste réellement le travail quotidien des milliers de traducteurs en langue française qui constituent l'armée, désorganisée et indisciplinée certes, mais indispensable à la diffusion des cultures Autres chez nous.
Ces derniers temps, j'ai surtout pris conscience que le grand public ignore la plupart du temps en quoi consiste réellement le travail quotidien des milliers de traducteurs en langue française qui constituent l'armée, désorganisée et indisciplinée certes, mais indispensable à la diffusion des cultures Autres chez nous.
C'est pourquoi
j'ai décidé de lever un pan du voile ; un vaste pan, à vrai
dire. Nul doute que cela me vaudra une crucifixion en règle. Entre
nous (je m'adresse au public), cela ne changera rien à ma situation
actuelle ; autant entériner la décision générale et
accomplir les actes pour lesquels ledit milieu m'a déjà condamné.
vendredi 19 mai 2017
Il était une mauvaise foi: Chapitre 2
2. POURQUOI SONT-ILS SI MÉCHANTS puisqu'ils ne sauraient être aussi cons ?
Notre Maison
publie des livres de cuisine rapide pour célibataires pressés, des
contes pour enfants fabriqués à la chaîne par des pédagogues
professionnels, des polars flottants pour lire dans la baignoire, des
guides de voyage si précis qu'ils donnent envie de rester à la
maison, des micro-classiques pour se cultiver pendant les
embouteillages, des best-sellers écrits par des ordinateurs, des
essais sponsorisés, des encyclopédies de poche, des poèmes
d'hominiens politiques, des réflexions philosophiques d'animateurs
télé, des confessions d'évêque véreux, des beaux livres sur les
perroquets, les dessous coquins, les étiquettes de fromages, les
orchidées et les pantoufles... Nous pourrions nous passer de
Littérature, ce qui est une option sérieusement envisagée. Le
cheval n'a pas besoin de sa queue. D'ailleurs, dans les vestiges de
notre département littéraire, nous avons de grands défunts à
exploiter, des écrivains délicieusement morts qui ne demandent qu'à
bien marcher. Les morts, c'est toujours très vendeur, encore plus
que les jolies femmes. Si nous gardons quelques vivants, c'est pour
que notre catalogue ne ressemble pas trop à un ossuaire.
Henri-Frédéric
BLANC, Nuit gravement au salut
mardi 2 mai 2017
Il était une mauvaise foi: Chapitre 1
Il était une mauvaise foi..
(quinze ans dans les soutes de l'édition française)
Il est temps qu'un texte de loi
Prive les
éditeurs de leurs droits
Puisqu'on fourre
en prison les souteneurs ordinaires.
Et encore...
eux... leurs putains les aiment.
Boris VIAN
1. ÉTAT DES LIEUX
Tu sais où tu
peux te les mettre, tes Cachou, Karpov ?
Bob SAINT-CLAR
1.1 DE LA MISÈRE EN MILIEU ÉDITORIAL
Vous venez
d'entamer la lecture d'Il
était une mauvaise foi. Vous ne le lisez pas par hasard. Vous ne lisez jamais rien au
hasard ; c'est trop "risqué". Il y a tant de livres
publiés, de nos jours ; on a d'autant plus de chances de tomber
sur un "mauvais". C'est ce que vous vous dites.
mardi 10 janvier 2017
Récupération intégrale de mes droits
J'ai
décidé de récupérer l'intégralité des droits concernant mes
ouvrages, quels que soient l'état et le contenu des contrats qui me
"lient" à "mes" éditeurs. Certains de ces derniers
n'hésiteront pas à arguer que cette récupération n'est pas
valide, voire illégale ou illégitime. Plus probablement, ils
réagiront à leur manière habituelle, c'est-à-dire par une
indifférence calculée. Non seulement je suis prêt à discuter de
cette validité dans un tribunal mais j'estime que la question vient
précisément de là : le contrat en était-il bien un ? Le
papier que j'ai signé parce qu'on ne me proposait rien d'autre
avait-il le sens d'un contrat véritable ? Son égalité de
principe (telle qu'elle est stipulée par l'article 132-1 du Code de
la Propriété intellectuelle) a-t-elle été respectée dans ses
termes par l'autre partie ?
J'estime
que la réponse à ces trois questions est la même : non.
Afin
d'éclairer mes propos, je vais détailler les raisons de cette
rupture totale et irréversible.
-
Le Peuple de Mü : la rupture a été "négociée"
avec l'éditeur Davy Athuil ; la cause est la suivante : sous
prétexte qu'il a été arnaqué par son diffuseur SoBook en 2015
(après une défection technique, en 2014, de son premier diffuseur
Sodis, défection plus que douteuse, puisque ce diffuseur n'a tout bonnement pas
daigné faire son travail), Davy Athuil a soudain cessé toute communication,
me laissant dans le flou complet quant à nos nombreux projets en
cours (ajoutons à cela six mois de retard dans le versement de mes
droits 2015, versement qui a été effectué sans m'en informer le
moins du monde). Cette attitude puérile et irresponsable ne permet
pas une collaboration sereine et mutuellement profitable (ce qui est,
il faut le rappeller, le but de tout contrat). Le Tome 2 des
Vicariants est sorti le 23 novembre sans que j'en aie été informé ;
et je ne sais rien du volume 2+1, une application numérique censée
avoir reçu une subvention, dont je ne verrai peut-être jamais la
couleur. A l'heure où j'écris ces lignes, je n'ai toujours pas reçu mes 5 exemplaires de complaisance.
Comme prévu dans ce cas, j'ai repris les droits de la
collection Adynata, tout en laissant à l'auteur Sonia Quémener le
choix de me suivre ou de rester au PdM.
-
actuSF : alors qu'il déclarait (dans l'une de ses rares et
fort irrégulières redditions de compte) avoir encore une cinquantaine
d'exemplaires de mon roman La Digitale (publié en 2010) en
stock, l'éditeur Jérôme Vincent a déclaré sur son site de ventes
que ledit roman était épuisé. Pire encore : alors que
celui-ci s'était bien vendu (370 ex. sur 500 en deux ans), l'individu Vincent a
refusé de procéder à une ré-édition, reléguant de fait le livre
à l'oubli. Lorsque je lui ai signifié, en 2014, que je comptais
récupérer mes droits suite à son incompétence et son iniquité, il a joué les grands incompris, voire les princes bafoués. Dans
l'incapacité de s'étouffer avec sa mauvaise foi (c'est d'ailleurs à
ça qu'on la reconnaît : elle n'étouffe que ceux qui la
subissent, pas ceux qui la sécrètent), il a condescendu à me
laisser récupérer mes droits. Son avis en la matière n'avait en fait aucun intérêt. Il était hors de question qu'un éditeur
aussi incompétent et irrespectueux maintienne La Digitale aux
oubliettes décrétées par son irresponsabilité crasse.
Depuis,
plus aucun de mes livres n'est diffusé en librairie, et je sais de source sûre qu'il offre des
exemplaires de La Digitale.
-
L'Aube : le cas de ce pseudo-éditeur en sciences sociales est
encore plus caricatural que le précédent. Fondé par un
universitaire qui voulait être sûr de voir ses écrits publiés (le
rejet pousse à tous les désespoirs), la publication des Désamants
chez cette maison est le résultat d'un concours de circonstances.
Héléna Demirdjian, ma co-auteur, a été en effet recommandée auprès de cette
maison par l'un de ses enseignants, personnalité littéraire (Gérard Chaliand)
nationalement reconnue. Dès les premiers e-mails concernant la négociation du
contrat, j'ai su qu'il y aurait des problèmes. Il y eut les menaces
plus ou moins voilées, le mépris à peine déguisé, et la
condescendance plus ou moins appuyée.. bref, le lot habituel de la
communication éditeurs-auteurs quand l'éditeur se prend pour le patron.
Si
l'ouvrage lui-même a été bien conçu (encore que nous n'ayions rien eu à dire sur la couverture, qui nous a été imposée sans la moindre concertation), il n'a pas été promu par
l'éditeur, comme le contrat l'y oblige. L'unique séance de signatures au
Cultura de Marseille a été qualifiée de semi-fiasco par la
stagiaire âgée de 20 ans qui l'a organisée (ce qui prouve que certaines personnes,
bien que littéraires, confondent le sens de la litote et celui de
l'ironie). Pire encore, je n'ai jamais reçu la moindre reddition de
comptes ; chacun de ces points constitue une violation flagrante
des engagements de l'éditeur.
En
l'occurrence, il n'est pas nécessaire d'envoyer une mise en demeure
à cet éditeur aussi virtuel que véreux. Sa défec(a)tion est totale.
-
L'Atalante : le sujet le plus triste et le plus complexe de ce
"dossier". Mon seul livre chez eux, La Bibliothèque nomédienne, est un
collectif. Je ne peux donc décider pour les six autres auteurs, qui
ont plus ou moins disparu dans les limbes d'internet (à l'exception
de Marc Vassart, si totalement dégoûté par ses rapports avec des
éditeurs qu'il a totalement cessé de chercher à être édité, ce
qui prive le public de son chef-d'oeuvre en frîche De terre et de
mer inconnues..)
L'affaire
est d'autant plus pitoyable que la phase d'élaboration du livre
s'est déroulée comme en rêve (en plus du fait que L'Atalante est
l'un des deux seuls éditeurs à m'avoir payé décemment). Les
choses n'ont commencé à se gâter que trois mois après la sortie
du livre en septembre 2008. Alors que Mireille Rivalland et un
représentant du diffuseur Harmonia Mundi m'avaient promis (en
présence de Pierre Michaux, éditeur, et de Soledad Otone, responsable de diffusion) que le livre serait promu et diffusé
pendant une année complète, étant donné son atypisme et sa forme
spéciale, il fut en réalité retiré des rayons de librairie dès
le mois de janvier 2009. Un libraire à qui j'en faisais la remarque
m'a dit en souriant : "Eh oui! Il fallait bien faire
de la place aux merdes de Bragelonne." Que cette décision ait
été pris par des responsables d'Harmonia Mundi (un
diffuseur qui pratique l'ingérence dans les ouvrages des éditeurs
qu'il diffuse) m'importe peu ; que l'Atalante ait changé de
diffuseur par la suite (sans pour autant m'en avertir) est tout à
leur honneur ; mais ils n'ont pas donné de seconde chance à La
Bibliothèque nomédienne. Ils ne l'ont pas non plus sortie en poche, promesse pourtant
faite par Mireille Rivalland en mars 2009, seule communication
qu'elle a daigné m'adresser depuis la sortie du livre.
Ils
n'ont plus rien fait.
Je
mentionnerai aussi leurs redditions de comptes, si incompréhensibles
et changeantes qu'à ce jour, je ne sais toujours pas combien
d'exemplaires ont été fabriqués à l'origine, bien que j'aie posé
la question à plusieurs reprises. Le savent-ils eux-mêmes ? Au
moins me payent-ils (encore qu'irrégulièrement et avec trois ans de
retard) les droits SOFIA liés aux emprunts en bibliothèques. Ils
sont les seuls à le faire.
Je
ne m'attarderai pas sur les éditeurs de mes traductions. Le risible
Au Diable vauvert (qui publient des traductions contenant plus de 15.000 fautes et les ré-éditent telles quelles) et La lamentable Volte (qui croient qu'une traduction est un ouvrage collectif), qui envoient au petit
bonheur la chance des redditions de compte minimalistes, me
redemandent régulièrement une adresse qui n'a pas changé, se
fendant ainsi d'une obligation légale à bon compte, pour ne pas dire à bonne conscience.. si ce terme a du sens pour eux.
Passons aussi sur les divers "éditeurs" numériques nés dans
les années 2010, dont les contrats oscillent de l'improbable à
l'absurde en passant par l'inepte, l'imbitable et le franchement
débile. Ils mourront de leur petite mort et laisseront la place à
d'autres, tout aussi inconséquents. Trouver un éditeur compétent, respectueux et responsable est devenu aussi vain que de tomber sur un fonctionnaire prêt à aider un contribuable plutôt que de l'enfoncer dans la merde.
L'accumulation
intolérable de toutes ces raisons aussi puériles que minables ont
fini par réduire ma patience en charpie. Traiter avec un éditeur aujourd'hui est aussi éreintant que voué à l'échec. Pire encore : l'issue
la plus courante est qu'à force de fréquenter d'autres éditeurs, il
deviendra fatalement comme eux. C'est "normal", direz-vous : lui
aussi veut survivre ; il apprend donc auprès de ceux qui ont
survécu et cherche à leur ressembler pour ne pas leur faire peur.
Il oublie, ce faisant, que la principale raison pour laquelle eux ont
survécu, c'est qu'ils ont fait le ménage autour d'eux et ont fait
plier les dissidents, détruisant leur originalité.
A
vrai dire, après coup, je me suis aperçu que l'éditeur Davy Athuil
a commencé à développer des réflexes de mauvais éditeur peu de
temps après avoir rencontré Jérôme Vincent, éditeur d'actuSF.
Coïncidence ? Je n'y crois pas.
D'où
mon conseil aux auteurs en herbe qui veulent absolument être édités
à compte d'éditeur, estimant que c'est encore le graal de
l'écrivain du XXIe siècle : quitte à passer entre les pattes
d'un éditeur classique (qu'il fasse dans le numérique, le papier ou
les deux, same difference..), cueillez-le dans les deux
premières années de son existence. Ensuite, il sera trop tard. Soit
vous lui rapporterez assez de fric pour absorber la fabrication de
vos livres et il vous respectera uniquement pour cela, soit ce ne sera pas le
cas et vous serez catalogué/e "auteur (génial mais) difficile" ; alors il vous rejettera sans ménagement (s'il a une once de courage) ou
il vous négligera jusqu'à l'oubli (s'il est lâche, comme tout le monde).
De
tout ceci et de quelques autres choses (que j'ai détaillées dans le
pamphlet Il était une mauvaise foi, qu'un éditeur voulait
éditer mais qui, après avoir tergiversé pendant plus de deux ans, a.. disparu), il découle que "mes" éditeurs, de par leur
négligence, leur incompétence, leur iniquité, leur malhonnêteté,
leur irrespect, leur stupidité ou n'importe quelle combinaison
d'autres "qualités" humaines, ont tous forclos leurs
droits de m'exploiter, moi et mes travaux ; que ce soit de mon
vivant ou après ma mort. Seuls mes amis ou ma famille auront le
droit d'exploiter mes travaux après mon décès.
Dans
les mois qui viennent, ces travaux seront donc peu à peu mis en ligne,
au format numérique tout d'abord (plus tard, papier, si mes moyens
me le permettent et si je trouve un imprimeur honnête) sous l'égide
d'ADYNATA, une coopérative informelle d'auteurs désireux de se
passer d'éditeurs. J'invite donc d'autres auteurs, déçus (le mot
est faible, dans ces circonstances) par "leurs" éditeurs,
à rejoindre la coopérative.
Pour
l'heure (2017), il ne s'agira que d'une appellation non contrôlée,
un signe de reconnaissance sans le moindre engagement. Si, d'ici
2018, les choses se mettent en place à la satisfaction de tous, nous
nous réunirons pour réfléchir à une forme plus large, efficace et
pérenne, en tout cas, une forme qui n'aura rien à voir avec une
maison d'édition classique, c'est-à-dire née dans la bourgeoisie
XIXe et défendue par un système juridique obsolète et profondément inique.
mercredi 23 novembre 2016
Parutions de fin d'année 2016
Vient de paraître.. sans tambour ni trompette.
Le Vol. 2+1 paraîtra bientôt, sous une forme et à une date inconnues.
FANTAISIE BAROQUE, roman libertin (pour adultes), est paru en version numérique.
Design et illustration de couverture par Julie Mornelli.
Lien vers Amazon.
Le Vol. 2+1 paraîtra bientôt, sous une forme et à une date inconnues.
FANTAISIE BAROQUE, roman libertin (pour adultes), est paru en version numérique.
Design et illustration de couverture par Julie Mornelli.
Lien vers Amazon.
mardi 13 septembre 2016
LA CHORUSCANTE
Voilà, ça y est !
J'ai goûté au bonheur.
Le bonheur
(je veux dire, le mien
le vôtre, je m'en balance)
a les yeux verts
la peau coruscante
la voix dénudée et
un nom de princesse guerrière..
lundi 22 août 2016
#RaysDay 2016 : CE QUE NOUS FAISONS EST SECRET
Nous sombrerons
dans le sommeil
à six heures, ding, dong,
très loin, très loin,
adieu, adieu, adieu.
The STOOGES, We will fall
à six heures, ding, dong,
très loin, très loin,
adieu, adieu, adieu.
The STOOGES, We will fall
Quelque part
entre l’invention de la cassette et celle du compact-disc, en
Californie
Le
jeune homme, un peu gauche, au port d’épaules timidement démenti
par son rictus canaille, écarta le rideau de perles et s’arrêta
sur le seuil ; hésitait-il à le franchir ? La pénombre
empêchait de voir si son expression était complexe ou simplement
effrayée.
lundi 18 juillet 2016
Que faire pour avoir la paix dans le monde ?
Mes chers co-astriotes (oui, nous ne partageons par forcément la même patrie ou la même couleur de peau, mais nous partageons le même astre; c'est indubitable), voici une liste (non exhaustive, rassurez-vous) des quelques bricoles qu'il nous faudra supprimer si nous voulons avoir la paix dans le monde.. pardon, la Paix dans le Monde:
Libellés :
anarchie,
démocratie,
Europe,
fric,
guerre,
humeur,
philosophie,
religion,
société
mercredi 13 juillet 2016
1er Festival Les Carnets : la Chronique intégrale
En ces 2 et 3 juillet de l'an 2016 à La-Roque-d'Anthéron, tout était là et bien là: ombre
et soleil, chaleur de l'aprés-midi et fraîcheur du crépuscule,
livres et carnets, papiers et crayons, dessins et croquis, auteurs et
voyageurs, éditeurs et croqueurs, lectures et conférences,
musiciens et chanteurs, expositions et ateliers, tables et chaises, vin rosé et petits
plats, le plein et le vide, un concours de nouvelles et un de connaissances..
Libellés :
édition,
information,
littérature,
vécu,
voyage
dimanche 12 juin 2016
Traduire n'est pas "craduire"
L'excellente Levana Eckert (twitter: @LevanaEckert) m'a un jour posé quelques questions sur mon activité de traducteur. Dans quelle langue avez-vous l’habitude d’écrire ? Le français.
Ecrivez-vous parfois dans d’autres langues ? En anglais, depuis quatre ans. Je comprends le castillan et me débrouille dans cette langue, mais pas assez pour écrire.
Aimez-vous écrire dans d’autres langues ? Oui, mais ce n'est pas encore un plaisir aussi intense que celui que je ressens en écrivant dans ma langue maternelle (je veux dire, en écrivant ce que je désire écrire; parce qu'écrire sur commande est une torture de tous les instants). Un peu parce que je ne maîtrise pas l'anglais aussi bien, surtout parce que je parviens difficilement à échapper aux clichés en vigueur dans cette langue.
Avez-vous remarqué un changement dans votre style d’écriture selon la langue ? Ce que j'écris en anglais est plus étriqué, prévisible, plus proche d'une langue archétypale, donc moins riche et satisfaisant. Mais tout s'apprend avec le temps; et avec une bonne relectrice-correctrice (je veux dire un être humain, pas un logiciel), on fait d'excellents progrès.
Avez-vous déjà traduit vos propres textes ? Oui, notamment ceux de La Bibliothèque nomédienne, un projet collectif qui engageait des auteurs de plusieurs nationalités (UK, USA, Australie et France; il y a même eu une Philippine, qui écrivait en fr., angl. et castillan). Aujourd'hui encore, avec les textes du projet d'atelier collectif Voyageurs éperdus, je traduis au fur et à mesure, dans les deux sens, aussi bien mes textes que ceux des participants qui ne peuvent le faire eux-mêmes.
Quelle impression en gardez-vous ? Se traduire soi-même est une expérience étrange, dont la sensation la plus proche se situe quelque part entre les mots anglais awry et eldritch. Chaque phrase remet en question la valeur de ce que j'ai écrit en français; chaque possibilité que je n'avais pas en français me pousse à rechercher une nouvelle manière de dire les choses, qui serait moins bancale; tout en sachant que cette manière n'existe peut-être pas dans l'une des langues. C'est un exercice difficile, qui rend un peu nauséeux, voire qui fait croire aux fantômes; en fait, le seul moyen de s'en sortir honorablement et sans séquelle, c'est de se laisser aller, de ne pas essayer d'être fidèle à soi-même, d'être conscient de tout ce qui est perdu, de ne pas le regretter, et de le remplacer par des mots différents, non pas plus riches ou plus pauvres, mais différents, aliens; sans toutefois perdre le sens premier. C'est quasi impossible, bien sûr, et cela fait douloureusement prendre conscience que toute traduction entraîne une perte de qualité; le bon traducteur est celui qui compense cette perte par un gain de qualité différente, tout en préservant le sens et la volonté de l'auteur d'origine - même s'il est mort. D'où le rapport à l'étrangeté; même quand on traduit un auteur vivant, on discute avec quelqu'un qui ne peut pas vraiment vous répondre. Il peut vous aiguiller, vous éclairer, vous rabrouer, mais la réponse, c'est à vous de la trouver. (Et pendant que j'y pense, Beckett et Nabokov furent des exceptions).
Le referiez-vous ? Il ne se passe pas de semaine sans que je traduise l'un de mes propres textes, en thème ou en version. J'ai même écrit un roman à quatre mains en anglais, qui est en passe d'être publié et sera entièrement traduit en français. Un jour.
Quelle serait votre motivation pour traduire l’un de vos textes ? Il peut y en avoir plusieurs: la nécessité d'être suivi et compris par tous les participants de mes ateliers. L'envie d'être lu par un public anglo-saxon. La possibilité d'une publication internationale (ou une auto-édition sur le Net). Une rémunération décente (les traducteurs français sont parfois fort mal payés; cela peut aller du simple au triple, selon l'honnêteté et les moyens de l'éditeur).
Avez-vous modifié, ré-écrit un de vos textes lors d’une traduction (suppression de phrases, par exemple) ? Oh, oui. J'ai même fait pire/mieux: j'ai travaillé en collaboration étroite avec l'auteur anglais James Flint sur son troisième roman The Book of Ash dans le but d'apporter des modifications enrichissantes dans la version française. L'auteur en a profité pour réinsérer dans la vf des éléments qu'il avait oblitérés parce qu'il n'avait pas réussi à les exprimer correctement; d'autres ont été ajoutés, auxquels il n'avait pas pensé sur le moment. Le plus important a été le titre, que nous avons cherché ensemble. En effet, le mot ash a un double sens qu'il est impossible de rendre en français ("cendre" et "frêne"); or, la personnalité du protagoniste du roman tourne autour de cette ambivalence: le surnom que lui donnait son père sculpteur était Ash, et le roman s'ouvre sur une scène où il reçoit une boîte contenant les cendres de son père, disparu depuis vingt ans. De plus, deux ans avant la sortie de ce livre, une tétralogie de Mary Gentle avait été exploitée en France sous le titre Le Livre de Cendre. Il était donc commercialement périlleux d'utiliser la même traduction pour le roman de James Flint (bien que c'eût été possible puisque les titres ne sont pas déposables1).
En fin de compte, nous avons décidé de changer totalement de registre, en tablant sur le seul domaine qui lie le fils et le père dans le roman, à savoir la physique nucléaire. Il nous fallait un titre porteur d'ambiguïté. Après avoir hésité pour La famille nucléaire, nous avons soudain pensé à Electrons libres. Et le déclic qui nous a permis de savoir avec certitude que c'était le bon titre n'avait rien de mystique. Quelques minutes plus tard, tout en fêtant la trouvaille avec un bon verre de vin, Jim repensa soudain à quelque chose. Il ouvrit fébrilement son livre, lut un paragraphe à haute voix, me demanda d'aller au même endroit sur mon manuscrit, et me dicta une phrase supplémentaire, qui contenait l'expression électrons libres, et que je traduisis aussitôt pour l'intégrer à la version française. Et Jim de conclure: "Now that makes sense.. at least to me!" C'est tout ce qui compte.
Pensez-vous qu’un traducteur autre que vous arriverait à un résultat très différent du vôtre ? L'inverse est improbable. Il existe plusieurs métaphores du phénomène de la traduction; pour moi, la plus parlante est celle d'une interprétation musicale. A partir d'une partition unique, il existe autant d'interprétations différentes que d'interprètes, multiplié par le nombre possible d'instruments, multiplié par les différents genres, tons et modes musicaux existants. Ce qui fait une quantité proche de l'infini.
Cette comparaison signifie que, pour moi, l'un des critères les plus importants pour choisir le mot juste, c'est sa musicalité. Je privilégie toujours la voix de l'auteur d'origine. C'est ma solution à la querelle de l'esprit ou de la lettre; ni l'un ni l'autre ne sont souhaitables, en tant que méthode unique. Quelque part entre l'aridité de la traduction technique et l'insipidité de l'adaptation approximative, je choisis l'instrument le plus proche de la voix de l'auteur, et je l'accorde au plus près. Je tente surtout de respecter son style sans lui imposer le mien. Tout au long d'une traduction, je garde à l'esprit cette image d'un instrument, dont la voix évoque celle de l'auteur. A vrai dire, tant que je n'ai pas trouvé cet instrument, je n'avance pas, je tâtonne.
Enfin, le travail le plus dur du traducteur à l'heure actuelle, c'est de résister aux bidouillages de l'éditeur, qui fera tout son possible pour transformer l'ouvrage de l'auteur original en produit commercial digne de plaire au public de son pays (c'est-à-dire à l'idée qu'il s'en fait, ce qui n'est pas du tout la même chose). Heureusement, en France, le traducteur est aussi un auteur (sous contrat d'édition); il a donc parfaitement le droit d'imposer son point de vue, au nom de l'auteur qu'il traduit et représente légitimement. On voit là que c'est une grande responsabilité, qui dépasse le rôle du simple technicien ou du passeur de sens. Et elle entraîne les mêmes risques que prend l'auteur à chaque fois qu'il négocie quoi que ce soit avec son éditeur: mise au ban, rupture de confiance, accusation délirante, etc.
Mais il y a bien pire, pour ne pas dire insidieux : certains éditeurs se laissent influencer par leur diffuseur (les gens qui font la pub) ou leur distributeur (les gens qui stockent les bouquins et les mettent dans des cartons) qui les poussent à intervenir et modifier le contenu des livres afin de les conformer à ce qu'ils estiment être le "goût du public". Sachez, par exemple, qu'un fameux détective ibérique est, dans ses traductions françaises, beaucoup moins macho que dans sa langue originale; il a même été question de lui "raser la moustache". Ou encore, l'héroïne d'un roman australien, amatrice de langage cru en anglais, s'exprime en français de façon nettement plus châtiée; résultat de la volonté d'un directeur de communication quelconque, qui estimait que le lectorat féminin serait choqué - au lieu d'avoir le courage de reconnaître que c'était lui qui l'était, et l'honnêteté de fermer sa gueule puisque cela ne le regardait pas, en plus d'être une violation des droits de l'auteure.
Enfin, je pourrais parler pendant des heures de la clique des "craducteurs", qui comprend deux sous-genres d'individus: ceux qui ne savent pas traduire, et les auteurs qui écrivent aussi mal que des mauvais traducteurs. Mais ce serait trop long. Je le ferai donc une autre fois. Et une autre fois encore, j'aborderai la différence fondamentale entre traducteurs et interprètes, différence que beaucoup de gens ne font pas, notamment dans l'administration française.
Je conclurai sur une métaphore, pessimiste ou optimiste selon votre façon de voir le verre à moitié plein ou vide: les traducteurs sont comme les artisans. Il y a les fignoleurs, les bidouilleurs, les tâcherons, les jean-foutre, les imitateurs, les subtils, les quelconques, les fidèles, les paumés, les emmerdeurs, les bravets, les mystiques.. Tous ont le pouvoir de gâcher le métier ou de le bonifier. Certains sont des découvreurs, d'autres n'inventeront jamais la poudre à faire fondre le beurre. Parfois, sous le vernis professionnel, se cache une âme d'artiste qui n'ose s'exprimer, étouffée sciemment ou non, par timidité ou pression sociale. Et peu à peu, avec l'avénement de l'assistance électronique, les traducteurs de chair et d'esprit seront voués à disparaître pour être remplacés par des logiciels. Il paraît que ceux-ci s'améliorent.. C'est possible. Il est même possible que la recherche du logiciel-traducteur idéal soit ce qui se rapproche le plus de la recherche d'une Intelligence Artificielle. Pourquoi pas?
Ce que je sais, moi, c'est que, quelle que soit la qualité d'une traduction effectuée par une machine, il lui manquera toujours ce qui manque à une molécule synthétique comparée à une molécule naturelle chimiquement identique: du goût.
Sans doute qu'un jour plus personne ne saura faire la différence. Mais aurons-nous encore besoin de traduction? Il est plus probable que, ce jour-là, tous les humains parleront la même "langue", un ragoût de tous les langages.
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1L'écrivain
Jasper Fforde se mord peut-être les doigts d'avoir entamé une trilogie dont le titre est Shades of Grey; c'est une utopie
dans un monde de daltoniens, and a bloody good book at that! Mais pas de panique; le torchon éponyme sera oublié bien vite, lui.
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lundi 30 mai 2016
La figure du gisant, de la compagnie Pernette
"Tu
sais désormais ce que ressent la pierre quand on la sculpte.. Tu
sais aussi ce que ressentent les morts quand les vifs ont fini de les
pleurer.. Tu sais enfin dans quelle alcôve se niche le sacré.."
C'est
ce que m'ont murmuré hier soir les danseurs de Nathalie Pernette ;
trois phrases que j'ai entendues parmi leur doux tumulte, au milieu
d'autres phrases que leurs gorges revenues à la vie énonçaient
sans paroles.
Si
le gisant est la figure d'un mort que nous aimions, pourquoi
devrait-elle nous hanter ? Je n'ai vu aucun fantôme au cours de
ce spectacle. La preuve qu'il n'y en avait pas, c'est qu'à la fin,
les enfants riaient de bon cœur,
chose rarissime en danse contemporaine où le hiératisme l'emporte
souvent sur le reste, faisant basculer les émotions dans un tragique
oppressant et sans grâce.
Ici,
rien de tel. La figure du gisant nous dit, à coups de caresses
"essensuelles", que l'âme a bel et bien une forme (peu
importe qu'on croit ou non à son existence, là n'est pas la
question) ; elle a une forme et c'est tout l'objet de la danse
de la révéler, de la faire résonner et entrer en nous, de donner
l'occasion de la toucher avec toute notre peau, plutôt qu'avec les
doigts, les yeux ou les tympans.
Il
y avait cinq corps-et-âmes à l'abbaye ce soir-là : le Temps,
la Musique, le Souffle, la Chair et la Pierre. Toutes respiraient
ensemble, au fil des lieux, le long des passages, insufflant aux
spectateurs la joie paisible d'un chœur
enchanté à l'unisson. La compagnie Pernette n'oublie jamais qu'un
public se compose et s'harmonise. C'est là, à la croisée de toutes
les formes de "sæcret",
que se retrouvent les humains épris d'art, où ils peuvent partager
ce que leurs langues ne sauraient dire.
Alors
que les applaudissements se dissipaient à regret sous les voûtes de
l'abbatiale, je songeai au mot somptueux ;
mais il vient de somme, dépense, et je ne voyais pas
ce qu'il venait faire là. L'ample sobriété des costumes ne pouvait
le justifier. J'ai compris ensuite qu'il signifiait seulement qu'il
n'y avait rien à ajouter. La somme du spectacle était ronde comme
une goutte de pluie.
Le
temps d'une traversée d'abside et d'une station sous le porche,
Nathalie Pernette a répondu à une question composée d'un seul mot,
avec le sourire enluminé de l'artiste qui sort de son monde après
l'onction du public, exaltée de cette exaltation qui justifie à
elle seule la vie d'artiste et qui est la plus "scène" des drogues :
— Contact ?
— Apaisement.. départ !
Pour
elle et ses danseurs, entrer en contact avec leur public, c'est
chercher le point de départ qui mènera la figure à prendre essor,
à se rendre la vie, à revenir à elle.
Contrairement à une tragédie
grecque ou hollywoodienne, la mort ne m'attendrait pas au tournant. Je
n'avais plus qu'à partir en paix, voyageur éperdu..
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Images réalisées sans flash, avec l'aimable autorisation de la compagnie, à l'abbaye de Silvacane le samedi 28 mai 2016.
mardi 19 avril 2016
mercredi 9 mars 2016
La norme n'existe pas..
..alors comment fait-elle pour s'imposer à
tous ?
Entre
la fin de l'année 2014 et le début de l'année 2015, j'ai présenté
sept dossiers de candidature à des résidences d'auteurs diverses. A
ce jour, quatre m'ont été refusées ; une a été acceptée
(mais elle ne prendra effet que lorsque tous les ouvrages concernés
auront été publiés ; or, l'éditeur vient de me signaler que
leur parution a été repoussée à novembre 2016) ; la
sixième.. a daigné me répondre au bout d'un an et demi, pour
m'informer qu'elle prendrait sa décision à la fin de l'année.. ce
qu'elle n'a toujours pas fait. Enfin, la septième doit estimer que
répondre est au-dessus de ses principes.
lundi 7 mars 2016
Les clichés littéraires vivent plus longtemps que les écrivains
Voilà.. je viens d'apprendre par e-mail que mon éditeur Le Peuple de Mü a décidé -sans concerter les auteurs- de repousser la sortie des volumes 2 et +1 (l'application numérique) de la saga Les Vicariants à novembre 2016. Etant donné les retards habituels en la matière, cela signifie donc qu'ils ne sortiront certainement qu'au cours du premier trimestre 2017.
lundi 22 février 2016
Je n'en sais rien.. et pourtant, je ne suis pas Jon Snow.
J'ai donc enfin reçu mes 5 exemplaires du premier tome des Vicariants. Ils sont arrivés samedi 20 février, sans commentaire, dans un colissimo "édité" le 17.. c'est-à-dire: pas la semaine précédente, comme l'avait soutenu mon éditeur. Cela signifie-t-il que la Poste a "égaré" le premier colis? Ou que celui-ci n'est en fait pas parti à la date annoncée?
Je n'en sais rien.
Je n'en sais rien.
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