REVUE de PRESSE

LA BIBLIOTHÈQUE NOMÉDIENNE

avec les Gaillards d'avant (Poppy Burton, Graham Chadwick,
Edwin Hill, Alain Guyard, Grégoire Hervier, Marc Vassart)
L'Atalante, 2008

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Le Passe-Muraille n°78

A priori, il s'agit d'un livre. Lourd (1 kg 110), épais (640 pages), grand (24 × 17,3 cm), imprimé sur papier par les éditions de L'Atalante à Nantes. Un ouvrage paru dans la collection dédiée aux littératures de l'imaginaire privilégiant la science-fiction, la fantasy et le fantastique.
Une introduction, datée du 15 juillet 2028, vient renforcer cette impression. Il y est question d'une panne informatique mondiale et générale qui a effacé une grande partie du savoir de l'humanité. Ont notamment été perdues les informations se rapportant à un mystérieux continent « égaré », la Nomédie, situé au centre du Pacifique. [...] La Bibliothèque nomédienne est donc un recueil de textes regroupant les rares témoignages subsistant sur ce continent mystérieux.
Classé dans un ordre anti-chronologique, les 24 documents réunis reculent de 2028 à 1828, bien que des extraits du journal de La Pérouse et de Bougainville datent déjà des XVIIIe et XIXe siècles.
Mais, au fond, de quoi s'agit-il réellement ?
En vérité, La Bibliothèque nomédienne est le résultat étonnant d'un atelier d'écriture ! Sur la base d'une trame et d'un certain nombre de contraintes élaborées par Alfred Boudry, les participants à cet atelier – les « Gaillards d'avant », soit Poppy Burton, Graham Chadwick, Alain Guyard, Grégoire Hervier, Edwin Hill et Marc Vassart – avaient pour consigne d'apporter des témoignages indirects de l'existence de ce continent chimérique. le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils y réussissent à merveille.
Les différents documents sont signés de noms imaginaires, qui apportent paradoxalement une certaine crédibilité à l'affaire. A force d'indices qui se recoupent ou se contredisent, on finirait presque par croire à l'existence de ce continent « égaré ». L'habileté des auteurs consiste à se référer à des études sérieuses et des noms qui font autorité, comme dans cette étude assez aride de la langue nomédienne. Très variés, les textes apportent des points de vue extrêmement différents les uns des autres et créent pour ainsi dire une utopie virtuelle en lui conférant de l'épaisseur. On peut ainsi lire des journaux de voyage, un rapport scientifique sur le condylure nomédien, une puissante réflexion sur les motivations de l'aventurier, un catalogue d'exposition sur les œuvres de Vrilya Hrönir, dont la visite se fait aux risques et périls du visiteur, des articles scientifiques sur des sciences nouvelles comme la crypto-ethnologie ou l'hypothéticologie.
Au chapitre des réussites, mentionnons Les oiseaux lents, excellent récit, assez génial, bien conduit, d'une qualité littéraire et d'un ton assurés, doté d'un bon suspens. La beauté universelle réussit le tour de force de respecter la vérité historique en confrontant un homme qui semble tout savoir sur la Vénus de Milo et Dumont d'Urville, le 8 mai 1842, dans le train qui subira la première catastrophe ferroviaire française, à Meudon. Le recueil contient même un roman, Le Nombril du Monde, de Marc-Antoine Jean-Julien Hégésippe-Maxence Badelaine-Montesquieu le Haut-Rolland, dit « Badin », preuve que l'humour est aussi de la partie.
Mais l'aventure du continent « égaré » ne s'arrête pas là. En effet, Alfred Boudry et les Gaillards d'avant mettent généreusement à disposition de tout auteur leur univers. Il est donc possible de les rejoindre et de poursuivre l'exploration de la Nomédie en y apportant sa propre contribution. Les meilleurs textes seront à leur tour publié sur papier dans un nouveau volume. Tous les détails se trouvent sur http://eratos10.free.fr.
En ces temps de crise, participer à la création à l'évolution d'une utopie, n'est-ce pas un défi fascinant ?
Cette Bibliothèque nomédienne est une œuvre incomparable et captivante. Ce patchwork de récits de toute sorte qui a pour résultat d'amener le lecteur à douter et à croire, peut-être, à la possibilité de l'existence d'un continent inconnu montre, comme peu de livres savent le faire de nos jours, la puissance de l'imaginaire et la force de la littérature.

Jean-François Thomas


lelibraire.org & revue Solaris

Comme on aime aussi à l'occasion se faire brasser en lisant, voici La bibliothèque nomédienne, d'Alfred Boudry avec les Gaillards d'Avant.
Là, on est dans le moderne, et même le postmoderne ! Et s'il existait en plein milieu de l'Atlantique, là où se trouve le fameux « pot au noir », un énorme continent jamais découvert, ou bel et bien découvert, mais tenu secret au cours des siècles pour des raisons... qu'on essaie d'élucider dans ce livre ? À partir de ces prémices, Alfred Boudry et ses complices ont produit un des livres les plus jouissifs qu'il m'ait été donné de lire ces derniers temps et qui redore à mes yeux le terme désormais galvaudé de «fusion» lorsqu'il est appliqué aux genres dits populaires. Sa création semble une gageure, puisqu'il a été produit par une quinzaine de paires de mains, les membres d'un atelier d'écriture se tenant à Montpellier. Et pourtant, les diverses parties du texte (qui nous font voyager dans le temps, de la découverte des Amériques à aujourd'hui) s'articulent parfaitement, avec tout un jeu d'échos et de correspondances qui donnent le tournis par tout ce que ces dernières suggèrent sans jamais, bien sûr, le révéler […]
Ce « livre mosaïque » est à la fois une utopie, une histoire parallèle (ou « uchronie »), de la philosophie, un pastiche du roman d'aventures, des récits de voyage héroïques, des exposés scientifiques et des enquêtes sur un mystère. Le tout avec un délicieux humour pince-sans-rire, mais en posant aussi des questions extrêmement sérieuses sur les conditions de toute connaissance, à travers des relations de voyages, des articles de revues spécialisées (souvent désopilants), des lettres, des journaux - documents où il est parfois bien difficile de départager le vrai et l'inventé, et cela fait partie du plaisir proprement « uchronique » de la chose. Les amateurs de science-fiction déjantée remarqueront qu'on se trouve dans les parages de Borgès (Tlön Uqbar Orbis Tertius plus que La bibliothèque de Babel) autant que de Stanislas Lem et de sa bibliothèque solarienne (Solaris, le livre, pas le film), de ses faux articles d'encyclopédie du futur ou de ses critiques de livres inexistants (Imaginary Magnitude, Mortal Engines). Les autres devraient se laisser prendre sans réticence aux plaisirs de la fiction - et de la méta-fiction - qui propulsent cet ovni littéraire.

Elisabeth Vonarburg, www.lelibraire.org , 19 février 2009


Bifrost

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bibliobs.com

La Bibliothèque nomédienne, publié à l'automne 2008 chez l'Atalante, est un ouvrage d'Alfred Boudry et les Gaillards d'avant. Un ouvrage collectif ? Curieux ! Prenons-le : mazette, il fait bien son kilo, et la couverture - splendide, par Lola Luna - représente une galaxie en spirale centrée sur un nautile.
La reliure est solide (il y a dix ans, les pages du Septième Fils, d'Orson Scott Card s'envolaient presque tout de suite). Le contenu est à l'image du contenant : riche, dense, complexe parfois... mais jamais ennuyeux. La Bibliothèque nomédienne, c'est la description de l'extérieur d'un continent imaginaire situé au centre du Pacifique. De l'extérieur, car c'était là l'une des contraintes imposées pendant l'atelier d'écriture à l'origine du projet: le continent est vu/pressenti/rêvé/imaginé par ceux qui, depuis le XVIe siècle, le cherchent ; souvent au péril de leur vie.
James Churchward avait cru dans les années 1960 trouver les traces d'un tel continent, Mu, le continent perdu. Ses livres - on ne les trouve plus que dans les bacs des soldeurs, dans la collection « J'ai Lu, l'aventure mystérieuse », vous savez ? les petits livres rouge et or - sont à l'origine d'un album de Corto Maltese (Mu, la cité perdue). Pierre Benoit, plus rêveur et poète que mythomane, a décrit une cité saharienne d'Amazones qui a des allures de Topkapi (L'Atlandide). Récemment, Yves Paccalet a, dans un petit livre, recensé tous les versions du mythe de l'Atlandide. Eh bien, La Bibliothèque nomédienne c'est : la poésie de Pierre Benoit + des aventures à la Corto Maltese + la véhémence utopique de Churchward + l'érudition de Paccalet.
Ouvrage résolument antimoderne, car collectif et utopique, le style de son maître-d'œuvre est impeccable : à la fois riche et précis, foisonnant et documenté. Car la Nomédie n'offre pas une trame narrative linéaire ; c'est un buisson, une arborescence, un labyrinthe qu'il est possible d'explorer en partant de n'importe quel point. Cela rend chaque lecture unique et, en soi, une expérience, un voyage. Certains diront : « Mais il n'y a pas d'histoire ! » Je leur répondrais : il y en a cent ! D'autres diront : « C'est compliqué ! ». Je dirais : oui parfois, mais rarement.
Vous trouverez dans la Nomédie (pour 25 €) : des articles scientifiques, une romance, plusieurs novellas, une critique d'art hilarante, un catalogue d'objets, une analyse linguistique, de l'anthropologie expérimentale, des lois économiques alternatives, une saynète dont les acteurs sont des écrivains morts, etc., et des tas d'histoires qui s'entrecroisent. Il est donc possible de s'amuser à trouver des liens entre les chapitres, puisqu'il y en a, mais ce n'est pas le cœur du projet.
Il y a indubitablement dans la Nomédie, une pincée du Dictionnaire Khazar de Milorad Pavic, une once de La Cité des saints et des fous de Jeff Vandermeer, un reflet du Lanark d'Alasdair Gray et surtout, un vieux rêve de Jorge Luis Borges. Lire en Nomédie, c'est revisiter toute l'histoire de l'exploration du Pacifique - le mystère La Pérouse bien sûr - mais aussi côtoyer Cook, Bougainville, interpeller Dumont d'Urville, suivre à la trace Jean-Baptiste Barthélémy de Lesseps dans son périple de retour du Kamtchatka, et rencontrer cent autres personnages mystérieux qui nous disent vaguement quelque chose, car nous les pensions disparus corps et biens.
Peu d'ouvrages dans la production littéraire française actuelle, dominée par l'autofiction, offrent à ce point la possibilité de s'évader et de découvrir de nouveaux mondes. La Bibliothèque nomédienne est un livre de chevet idéal ; vous pouvez picorer à l'intérieur, le commencer par n'importe quel bout, le lire dans le désordre, l'abandonner et le reprendre, plus tard ou ailleurs ; tout est bon. Il a été écrit pour cela. Tout n'est pas forcément facile, mais que diable ! si vous voulez dormir en lisant, il reste Lévy ou Musso !
Voyager en Nomédie, c'est vivre littéralement une aventure : découvrir des paysages enchanteurs de premiers matins du monde, mais aussi affronter de terribles coups de vents ; c'est, parfois, prendre le temps de réfléchir et pourquoi pas, oser ouvrir un dictionnaire ou une encyclopédie, ou pis encore, un atlas. En cinglant vers les mers du sud avec nos Gaillards d'avant, je vous invite à enrichir votre périple (la bibliographie  est abondante) ; vous pouvez aussi (et c'est peut-être le plus important) participer vous-même à l'aventure, car l'auteur principal et les Gaillards d'avant vous proposent, sur leur site, de tenter votre chance en gréant votre propre galion, c'est-à-dire en écrivant votre propre description de la Nomédie.
A tous, bon vent !

Marco Polo


Le Courrier français

Un ouvrage d'exception peut parfois ne pas venir seul ! La Bibliothèque nomédienne, ouvrage collectif signé Alfred Boudry et huit autres fous littéraires (six rédacteurs et deux graphistes), retrace l'histoire d'un continent quelque part au milieu du Pacifique, apparaissant puis se volatilisant au fil des siècles. Le mystère de la Nomédie, pure création littéraire, est retracé depuis sa première découverte, faite évidemment par des navigateurs du XVIIè siècle... Continent fantôme ? Second Atlantide ? La Nomédie, objet de quête, devient rapidement objet de rêve, création littéraire au fil des nombreuses pages de ce " roman " où s'entassent documents et témoignages, sorte d'énorme dossier au fil des siècles d'histoire et de mythes...
Comme chez Danielewski, l'écriture éclate, se fragmente et se recompose au fil du temps, et ce sont quatre siècles de témoignages et d'inventions à travers une Histoire revisitée qui nous sont livrés dans cette frasque étonnante. Plus qu'un roman, cet ouvrage est un voyage que l'on voudrait infini.

Christian Robin, Le Courrier français n° 3341, 26 septembre 2008


Science-fiction magazine

L'histoire littéraire est émaillée de ces livres décrivant des continents perdus ou oubliés, enfouis, resurgissant des flots au gré des marées, tremblements de terre ou de quelque mystérieux jeu de la nature. Ces cités célestes, ces îles du bonheur sur lesquelles courraient encore nos chers ancêtres dinosaures sont légions. Rares furent celles qui suscitèrent autant d'enthousiasme. Qu'est-ce donc que la Nomédie ? C'est un continent mythique qui servirait en quelque sorte de terre promise née d'on ne sait quel miracle géologique, quelque part au beau milieu du Pacifique. Le point du vue du livre part du fait que, le monde ayant connu un cataclysme informatique général, les données sur cette terre se sont vu effacées, égarées.
Des compilateurs décident alors de se réunir autour d'une nouvelle fondation d'archives relatives à cette patrie des rêveurs/voyageurs, et vont faire en sorte d'en établir une eschatologie à rebours. Contactant des confrères ou parfois de parfaits inconnus, ils réinventent le mythe par le seul moyen qui leur reste, l'écriture...
Partant d'une judicieuse thématique de science-fiction sur la disparition de l'information, la bande de joyeux drilles et de passionnés à l'origine de ce nouvel ovni s'est amusée à un exercice somme toute assez difficile dans le genre : la croyance. Le postulat étant d'affirmer comme valide l'existence d'une terre mythique, lieu de tous les possibles, les compilateurs vont s'amuser à l'exercice du fix-up, à savoir l'édification lente et méticuleuse d'une vaste toile de fond faite de textes et de témoignages, enquêtes de logiciens ou déambulations de promeneurs solitaires autour d'un noyau central, cette île mystérieuse. Difficile d'en résumer le corpus. Se nourrissant de lieux communs du genre comme ces "et si" bien connus de l'utopie, cette bande de copains s'est donc amusée à croire en un rêve collectif, chaque chapitre servant à alimenter une communauté de sentiments sincères et dévoués à cette île rêvée. De La Pérouse à soi-même, ce magnifique recueil nous invite dans un va-et-vient entre passé et "futur présent" à un même voyage intérieur. Les documents qui accompagnent le texte sont autant de pièces à ajouter au mythique musée surnaturel d'un Humboldt-Fonteyne que les témoignages sincères sur la survivance sentimentale d'une terre de tous les espoirs.
Un très beau recueil, plein de chapitres poignants, passionnés, parfois amers ou gais, jamais désespérants, qui rappelle combien le mot suffit parfois à simplement supporter la pénibilité du grand présent par lequel nous ne faisons que passer, sans aucune explication à l'être-là. Ce recueil n'apporte pas de réponse, il ouvre des chemins de traverse et des sentiers lumineux aux voyageurs insatiables qui n'ont jamais oublié leur serment de rêveur impénitent.

Emmanuel Collot


nooSFere

Qu'est ce que La Bibliothèque nomédienne ? Ce livre-concept résulte d'un projet initié dans un atelier d'écriture montpelliérain animé par Alfred Boudry. Pour stimuler ses « élèves » (surnommés les Gaillards d'Avant), ce dernier leur a proposé de construire un monde à partir d'un texte original, avec pour principale contrainte de devoir aller « un peu au-delà de leur imagination ».
Le récit primitif, "Et si La Pérouse avait trouvé ce qu'il cherchait ?" ouvre le présent ouvrage et relève à l'évidence de l'uchronie : son auteur imagine que La Pérouse a découvert dans le Pacifique une île paradisiaque, la Nomédie. A partir de là se développe une Histoire parallèle à la nôtre, jusqu'aux années 2020, date à laquelle le réseau informatique mondial plante au point d'effacer toutes les données enregistrées sur les disques durs. Au redémarrage du réseau, la Nomédie a disparu ! Voila donc rassemblés dans ce livre tous les documents relatifs au « continent égaré » qui ont pu être retrouvés et qui dressent le bilan d'une utopie fondée sur cette hypothèse uchronique. […]
En effet, La Bibliothèque nomédienne est un ouvrage utopiste, un roman qui dépeint un monde meilleur, un paradis dont nous savons qu'il n'existe pas et qu'il ne peut exister, dans la lignée d'un genre très ancien dont l'œuvre fondatrice, l'Utopia de Thomas More, date du XVIème siècle. Dans ce roman-mosaïque, les auteurs sont allés un peu au-delà de leur imagination et ont fait ce que nous aimons tous faire : rêver d'un monde meilleur, loin de notre matérialisme effréné et de notre individualisme outrancier. La Nomédie est utopique, non parce que c'est une île paradisiaque où il fait toujours beau et où les filles sont belles, mais parce que ses habitants ne connaissent pas l'argent, la propriété, la haine, ni même la religion... Ils y vivent totalement heureux.
En soi, la peinture d'une utopie n'est pas un projet très original. Mais ici les écrivains ont travaillé la forme de manière extrême, pour façonner une utopie indirecte. Selon une autre règle énoncée par le capitaine, nous n'avons pas affaire à l'histoire d'un nomédien plongé dans une intrigue avec un début, un milieu et une fin mais à un recueil de documents et d'œuvres disparates. Cela va d'un essai sur la langue nomédienne à un véritable roman, en passant par des études sur les animaux de ce continent, divers autres essais, des nouvelles... et même un projet de scénario évoquant le continent égaré. Cette variété dans les formes permet de ne pas s'ennuyer, d'autant que si les documents sont de tailles diverses, la plupart ne dépassent pas une vingtaine de pages. De plus, elle offre un regard extérieur, « occidental », sur ce continent : le regard d'un étranger qui découvre un monde nouveau. C'est d'ailleurs peut-être cette vision qui embellit cet univers et en fait une utopie. On peut imaginer que les narrateurs déforment la réalité (même involontairement) pour voir dans la Nomédie le monde meilleur qu'ils espèrent. Voilà encore un des intérêts du livre : bien que nous sachions qu'il n'existe pas d'île égarée dans le Pacifique (d'ailleurs qu'en savons-nous ?), on se met à rêver avec les auteurs de sa possible existence, car les divers récits apportent en même temps qu'un certain degré de réalisme, une incontestable dose de doute (paradoxal, non ?).
Avant de conclure, je me permets de relayer deux appels formulés par Alfred Boudry : il souhaite d'abord voir continuer l'aventure, la recherche / découverte du Continent Egaré, et il invite tout un chacun à venir écrire sur la Nomédie, sur sa Nomédie. Pour cela, il suffit d'aller sur le site http://eratos10.free.fr et d'embarquer.
Le second appel est moins sérieux (ou peut-être plus, au contraire) puisque les Gaillards d'Avant s'adressent à Crésus : si vous êtes « riche à crever », si « vous avez quelque part dans le monde, un coin de paradis où vous n'avez jamais mis les pieds parce qu'il n'y a pas de casino à proximité » alors « donnez-la nous ». A bon entendeur...
Au final, cette monumentale Bibliothèque forme une œuvre incomparable et très réussie. En dépit de l'extrême étrangeté de certains documents, cette uchronie utopiste s'avère suffisamment réaliste et envoûtante pour que cet original patchwork de récits de toutes formes permette à l'univers imaginé (désiré ?) par ses auteurs de prendre vie sous nos yeux.

Gaëtan DRIESSEN, Noosfere , 24 février 2009.


bibliomanu.blogspot.org

Voici quelques mois, j'avais entendu dire qu'un OLMOepcNI (Objet Littéraire Mystérieux et Original et, par conséquent, Non Identifié) viendrait semer le trouble sur les tables ronronnantes des librairies de l'Imaginaire. On le disait également issu d'un atelier d'écriture et cette information seule suffit à muer ma curiosité en une réelle impatience. Sans doute parce qu'en plus de l'élaboration d'une histoire et de la narration qui s'ensuit, il s'agit là d'un processus d'écriture fascinant, souvent méconnu d'un point de vue pratique et qui aboutit rarement à une édition de cette trempe là. Ah oui, parce que j'avais oublié de vous dire que cet ouvrage, d'après mes premiers renseignements, devait voir le jour dans une collection de référence en matière de science-fiction, j'ai nommé : La Dentelle du Cygne aux éditions de l'Atalante qui, une fois n'est pas coutume, étaient disposées à jouer la carte de la découverte et de l'innovation.
Et puis... Il y eut la confirmation (tant attendue !) qu'on tenait bien là un OLMOepcNI dans toute sa splendeur. Esthétiquement parlant, une véritable réussite : un format à ma connaissance jamais utilisé par cette maison d'édition ; une couverture qui résonne à elle seule comme un appel à l'évasion ; un papier digne de ce nom...
Très bien, très bien, vous dites-vous certainement, mais la Bibliothèque nomédienne, c'est quoi au juste ?
Voici le moment où j'aurais bien été tenté de me débiner tant il est difficile de résumer un tel ouvrage. Mais loin de moi, aussi, l'idée de vous laisser en plan car je ne saurais trop vous inviter à le lire comme il vous plaira, d'une traite, dans l'ordre, de ci, de là...
En 2026, quelques années avant le Big Bug qui a vu tous les réseaux informatiques voler en éclats, et remis au goût d'un autre âge les techniques de communication, la Nomédie, continent "égaré", serait à nouveau apparu au coeur du Pacifique.
Durant ce laps de temps où les réseaux répondaient aux abonnés absents, le comité de rédaction de la Bibliothèque nomédienne a entrepris de remonter à la source de ce continent mystérieux ayant suscité bien des passions et fait couler de l'encre sans qu'elle ne soit forcément nommée. Pour ce faire, les membres de cette cellule ont collecté des documents traitant de la Nomédie auprès de tous ceux qui étaient susceptibles d'en posséder : en tout et pour tout vingt-quatre documents de styles, de tailles, de longueurs et de formes variables qui invitent à l'exploration et à la découverte de la Nomédie.
Peu nombreux ont été les textes auxquels je n'ai pas adhéré, car il y en a eu, soit parce qu'ils étaient trop longs, soit parce que je n'avais pas les clés ni les connaissances pour les assimiler pleinement. Mais c'est bien là peu de choses au regard de cette fascination émergente et continue pour la Nomédie et ses habitants insaisissables : l'aventure (et l'aventurier !), l'exploration, le langage, la faune, la flore, l'art, les absences d'us et de coutumes... et j'en passe, bien sûr, l'étendue est si vaste qu'elle mérite qu'on y revienne de temps à autre.
A noter tout de même, là où les dystopies se font l'écho des travers de nos sociétés à trop vouloir jouer avec le feu, Alfred Boudry et les Gaillards d'avant ont préféré, eux, dresser le tableau vivant d'une utopie riche et passionnante où l'Homme n'est pas qu'un loup pour l'Homme et où la simplicité fait figure d' aspiration récurrente. "Par contre, je vous promets qu'à l'instant où nous toucherons à notre but mon statut deviendra celui d'un homme simple".
La représentation en est en tout cas saisissante.
"Car qui sait ? peut-être en refermant ces pages suffira-t-il au lecteur inspiré de sortir de chez lui pour se retrouver en plein coeur de la Nomédie".
Je vous laisse sur ces mots, je continue mon propre voyage.

Emmanuel Quentin


La Gazette de Montpellier

L'Arche de Nomédie :
L'aventure de la Bibliothèque nomédienne a commencé en 2006 au cours de l'atelier d'écriture bilingue de la librairie montpelliéraine BookInBar. A partir d'un texte signé par le capitaine Boudry (Alfred de son prénom, traducteur au Diable vauvert, auteur et metteur en scène de théâtre, mi-aixois, mi-montpellérain) et inspiré des journaux des explorateurs La Pérouse et Bougainville. Les membres de l'atelier devaient écrire à sa suite en évoquant une terra incognita : la Nomédie. Une contrainte, entre autres : évoquer la Nomédie sans user de la technique du témoignage direct.
S'y sont collés : Marc Vassart, vétérinaire et romancier, Poppy Burton, poétesse américaine vivant en France, Alain Guyard, professeur de philosophie, Grégoire Hervier, auteur de polars, Graham Chadwick, un Britannique à la raison sociale indéterminée, et Edwin Hill, documentariste australien.
Le résultat est un pavé improbable, assez génial, un grand naufrage organisé d'une veine aventurière et encyclopédique à la Tristam Shandy, où l'on croise Freud fumant la pipe, Amélie Nothomb maniant un sabre japonais, des terres idylliques où l'on ignore les notions d'autorité et de mauvaise foi, des voiliers échoués, des lettres, des journaux, des rapports scientifiques, en français, en créole, une conférence à la faculté de Montpellier, une taupe qui mange plus vite que son ombre, une analyse confondante sur les difficultés à jouir de l'aventurier...
Ce continent théorique étant inventé, Boudry et ses acolytes cherchent un lieu pour cette Arche de Nomédie (complètement nomédien, ce Boudry).

Valérie Hernandez, La Gazette de Montpellier n°1070, décembre 2008


La Gazette de Nîmes

C'est le livre le plus excitant de la rentrée. La Bibliothèque nomédienne, publiée aux éditions l'Atalante, est un "roman mosaïque" écrit à plusieurs mains. Un recueil des textes existants sur la Nomédie, ce fameux continent égaré qui se situe presque, mais pas tout à fait, au milieu du Pacifique.
Explorations : à l'origine de ce projet, Alfred Boudry, auteur pour le théâtre, traducteur et graphomane de toujours, il a l'idée d'élargir un atelier d'écriture qu'il anime au Bookinbar de Montpellier. "L'évidence de la Nomédie m'est apparue grâce à une carte qui représente toutes les grandes explorations au cours de l'histoire. Sur cette carte, une zone inexplorée, un pot au noir grand comme quatre fois la Méditerranée, où nul, faute de vent, ne s'est jamais aventuré. Pour Alfred Boudry, ce monde existe bel et bien, et "La Pérouse lui-même l'aurait trouvé".
Les membres de l'atelier et quelques autres sont invités à imaginer une "utopie sans règles, en creux". Alain Guyard, animateur des cafés-philo de l'association Diogène Consultants, est de l'aventure, de même que Marc Vassart, vétérinaire écrivain, Grégoire Hervier, auteur des romans Scream Test et Zen City, l'Américaine Poppy Burton, l'Anglais Graham Chadwick et l'Australien Edwin Hill. Le résultat est envoûtant. Ces Gaillards d'avant invitent ceux qui le souhaitent à poursuivre l'aventure de la Nomédie.

Frédéric Delon


Un dernier livre avant la fin du monde <undernierlivre.net>

Je ne sais pas vous, mais à l’approche des premiers frimas, après ce passage à la grise heure d’hiver et tandis que les jours s’amenuisent, je m’enfuirais bien. Loin. Dans un endroit qui existerait à peine. Et vous savez quoi? Ça tombe bien…
Il existe quelque part sur la planète, probablement au centre du Pacifique, là où s’arrêtent brusquement les îles Marquises, un continent appelé Nomédie. Si si. On retrouve des traces de son existence dans de nombreux textes et autres formes de témoignage remontant jusqu’à la fin du XVIIIème siècle. Mais la Nomédie a disparu. Encore. Car elle a une fâcheuse tendance à clignoter cette Nomédie, émergeant et s’immergeant selon son humeur, se laissant découvrir pour mieux s’éclipser. A la suite de sa dernière disparition, qui coïncide avec le crash de 2 ans du réseau informatique mondial, un comité de rédaction décide de réunir tous les documents restants qui identifient ou évoquent le continent égaré. Lettres, catalogue d’exposition, récit, articles scientifiques… 24 documents dont l’authenticité a été rigoureusement vérifiée, pour preuve d’existence.
Parce que des sceptiques il y en a eu, et je suis sûre qu’il en subsiste encore un certain nombre. Mais les travaux regroupés dans La bibliothèque nomédienne devraient rendre justice à tous ceux qui sont passés pour fous au cours des siècles. Analyses linguistiques, travaux sur la faune locale (êtes-vous familier du condylure étoilé?), correspondances, journaux de marins, traités d’hypothéticologie… Tout ce qui reste de connaissances sur le continent égaré est à portée de main, le meilleur comme le pire… Car entre réalité et fantasmes, il est parfois dur de regarder derrière le voile (de brume), ou d’en être arraché sans savoir quand, et si, on pourra y retourner.
Travail pour le moins original, La bibliothèque nomédienne est née à l’initiative d’Alfred Boudry et de ses 6 Gaillards d’avant, groupe franco-anglais (de langue) qui a travaillé plusieurs mois, voire plusieurs années sur ce projet. Utopie uchronique (ou était-ce l’inverse), La bibliothèque est un livre-puzzle à entrées multiples dont l’île illusoire (ou pas…) est encrée dans la réalité grâce au talent et à l’intelligence de ses rédacteurs.
Je pourrais encore en dire beaucoup, mais le meilleur moyen de comprendre la Nomédie c’est encore d’y aller, quelque soit les risques. Et puis je dois faire ma valise, retrouver mon passeport, trouver un bateau. C’est loin le Pacifique…

Marcelline Perrard

LA DIGITALE

actuSF, 2010

nooSFere

Alors qu'Alix Sexy Grey, enquêtrice indépendante, manque de boulot, un client potentiel apparaît enfin à sa porte. Mais avant qu'il ait pu dire un mot, le voilà terrassé par une crise cardiaque. La jeune femme, entêtée, décide d'enquêter sur les motifs de la visite du vieillard et nous entraîne alors dans l'univers du parfum et des machinations financières.
Alfred Boudry s'inspire ici des grands romans d'espionnage pour créer une intrigue foisonnante, aux ramifications toujours croissantes. Il emprunte au polar noir son style percutant et rapide mais aussi son personnage désabusé. Enfin, côté SF, il mêle anticipation, univers post-apocalyptique et réalité virtuelle, imaginant un futur proche où une grande catastrophe (l'Effondrement de la Grande Faille de l'Océan Atlantique) a balayé l'Amérique et tué près de deux milliards d'individus, où les américains les plus riches ont trouvé refuge en Islande en y parquant les autochtones.
Ce mélange des genres permet à Alfred Boudry de jouer sur beaucoup de tableaux à la fois : critique sociale, action, complot, questionnement sur la réalité, et même analyse du fonctionnement de notre odorat. S'il paraît assez difficile de tenir autant de thèmes dans un format aussi court, l'auteur surmonte aisément l'épreuve. Premier point positif : l'intrigue, bien ficelée et bien amenée, ne comporte aucun temps mort. Deuxième avantage : le personnage haut en couleur d'Alix — jeune femme indépendante, grande gueule, entêtée, etc. — s'avère l'héroïne idéale pour faire bouger les choses et développer l'histoire.
Enfin, dernier élément de la réussite de l'œuvre : sa forte dose d'humour. De celui qui faire rire le lecteur tout seul devant son livre. Un humour noir tout d'abord, propre aux polars les plus sombres, mais aussi ce mélange si efficace d'ironie désabusée et distanciée, de réflexions ridicules ou encore de non-sens. Par l'intermédiaire de son personnage cinéphile, Alfred Boudry ajoute encore une autre saveur : de nombreuses références au septième art. Ainsi, au détour d'une page, en pleine intrigue, Alix a d'un coup envie de déclarer à un interphone « Dick Laurent est mort »... On met quelques secondes à réagir puis on se surprend à rire : ce genre de références idiotes semble tellement inapproprié et pourtant réaliste (qui n'en a pas en tête ?) que le récit en devient meilleur. Le lecteur attentif découvrira ainsi plusieurs clins d'œil, plus ou moins faciles à percevoir.
Le seul défaut de l'ensemble tient peut-être au caractère artificiel du dénouement. En effet, le radicalisme final d'Alix manque de réalisme. Malgré son fort caractère, elle semble plus blasée qu'engagée, aussi son changement abrupt d'humeur vers des prises de position relativement violentes rend le personnage moins crédible. En outre, cette fin laisse un goût d'inachevé, car si l'histoire est cohérente et si toutes les pièces se mettent parfaitement en place, la révélation ultime reste trop rapide pour ne pas déstabiliser le lecteur.
Malgré ce petit point négatif, La Digitale demeure un livre marquant et jubilatoire, qui se lit d'une traite. De plus, sous le vernis d'un très bon divertissement, se cache une critique de notre société et de son système punitif : ce roman réussi n'est pas si anodin qu'il y paraît.

Gaëtan DRIESSEN : 2/5/2010


Bifrost n° 60

Alix S. Grey (S. pour Sexy) est détective privée. Comme tous ses modèles classiques, elle a besoin d'argent. Comme ses prédécesseurs, elle manie l'humour brut avec aisance. Comme eux, elle se retrouve dans des situations rocambolesques.
Un matin, un client arrive dans son bureau, s'assied... et meurt devant elle. Sans raison apparente. Sans avoir pu dire quoi que ce soit de révélateur. Quelques maigres indices lui permettent de se diriger vers le monde du parfum et de ses créateurs. C'est le début d'une enquête au rythme haletant.
Le point de départ de l'écriture de ce roman est, selon Alfred Boudry, un concert de Dead Can Dance et une odeur. La relation entre les deux. Les liens entre parfums et sentiments, l'influence des premiers sur les seconds. C'est effectivement l'un des thèmes qui traversent ce récit, très riche en sujets de réflexion pour qui le souhaite. Mais c'est avant tout un roman policier digne de ceux de Dashiell Hammett ou de Léo Malet.
L'auteur s'est amusé en écrivant ce récit et le lecteur lui emboîte le pas avec plaisir. Le ton est léger, malgré la violence de certaines scènes, et on ne peut s'empêcher de penser à Audiard, aux livres et films policiers de cette époque. L'intrigue y était assez simple, les personnages bien troussés, les répliques ciselées. Alfred Boudry a d'ailleurs truffé son roman de citations et de clins d'œil (Ah ! Le « Hou ! Li-Po ! », le « Kwisatz-D.R.H. » !). Il a créé pour l'occasion une famille digne des soap-opéras les plus farfelus (il nous en fournit même l'arbre généalogique !).
Le personnage de l'héroïne rappelle au début « Temple Sacré de l'Aube Radieuse », le héros de Roland C. Wagner dans ses « Futurs Mystères de Paris ». Les deux semblent inspirés d'illustres ancêtres classiques. Le monde dans lequel ils évoluent a été bouleversé par une grande catastrophe. Mais la comparaison s'arrête là : le rythme et l'atmosphère diffèrent. Roland C. Wagner peut, au cours des nombreux volumes de sa série, développer le personnage à loisir. Alfred Boudry, au regard de la brièveté de son format, doit aller à l'essentiel : une action débridée, passionnante et réjouissante.
Cependant, le monde qui apparaît derrière cette histoire est tout sauf plaisant. La Faille s'est effondrée. De là sont nés sept tsunamis, dont l'un de 150 mètres de hauteur. Les morts se sont comptés par milliards. Les survivants ont dû se réfugier sur le peu de terres encore habitables, dont l'Islande, où les glaciers ont disparu. C'est là que se déroule l'ensemble de La Digitale.
Malgré le choc causé par cette catastrophe, les hommes ont fini par recréer un monde. Mais aussi injuste qu'avant. Le constat est tragique, d'une épouvantable banalité : quoiqu'il arrive, l'être humain a toujours tendance à recréer des privilèges, à tenter d'obtenir plus que son voisin, à oublier le bien commun à son profit.
La Digitale est un roman léger en apparence, rapide à lire ; on s'y plonge sans effort et avec délectation. Ce qui ne l'empêche pas de brasser des thèmes profonds et sombres. La chute de ce récit, préparée par l'introduction, en est d'ailleurs un bon exemple. Un exemple qui nous incite à replonger dans l'aventure, à déguster une nouvelle fois ce bonbon amer au parfum enivrant. Une réussite.

Raphaël GAUDIN : 1/10/2010


Mythologica.net

ActuSF est actuellement la maison d’édition qui monte grâce notamment à une politique éditoriale qui offre au lecteur une qualité de texte rare. La Digitale est un de leurs deux derniers nés, une novella de science-fiction policière qu’il est difficile de quitter. Alfred Boudry, auteur qui m’était jusqu’alors inconnu, a su me conquérir d’une plume sagace, pleine de bons mots et qui parvient à garder le mystère entier jusqu’à la dernière page. Mais entrons plus avant dans ce monde dévasté qui nous est proposé…
La couverture signée Owen Freeman donne réellement une idée de ce que le lecteur va découvrir à l’intérieur du roman : un mystérieux flacon, une femme charmante et une sombre intrigue où tout vient s’emberlificoter… De plus elle est, à mon goût, l’une des plus esthétiques du catalogue ActuSF. Bref, pour ce qui entoure la novella, je n’ai rien eu à redire.
Passons maintenant au vif du sujet. Personnellement je trouve qu’une phrase résume à merveille ce texte : « Une coïncidence, ça ne veut rien dire, deux coïncidences, ce n’est qu’une coïncidence, trois coïncidence, c’est le début des emmerdes. » Et des coïncidences et des emmerdes, Alix va en connaître, et plus qu’elle ne pense…
Tordue à souhait, cette novella réserve bon nombre de surprises à ses lecteurs. Entre son univers post-apocalypse climatique et ses mailles tressées entre les personnages, un ravissement sans nom s’empare du lecteur lorsqu’enfin, après 175 pages il parvient enfin à comprendre… Et croyez-moi, la fin n’est pas celle à laquelle vous pourriez vous attendre. Jouant sur des effets de manche à répétition Alfred Boudry créé une aventure à laquelle je n’ai pas trouvé son pareil.
Les véritables polars SF sont suffisamment rares pour être signalés mais si en plus ils sont de qualité je pense sincèrement qu’il faut en parler. Car mêler deux genres n’est jamais simple : l’intrigue d’un polar peut parfois s’adapter assez difficilement aux contraintes de la SF. Dans le cas de La Digitale, Alfred Boudry parvient à créer un univers, un personnage charismatique et à faire en sorte que le lecteur ait vraiment envie de le suivre de A à Z. Ce n’est pas rien…
La Digitale est l’un des deux sorties de ce début d’année pour les éditions ActuSF et la qualité est une fois de plus au rendez-vous. Polar saignant et intriguant à souhait, novella de science-fiction avec un univers entier créé pour ses besoins, texte rare de part sa qualité. Ce sont là les trois éléments qui définissent le plus efficacement ce texte. S’il est une chose que l’on pourrait souhaiter à partir de maintenant ce serait qu’Alfred Boudry nous régale encore souvent avec ses idées surprenantes mais au combien attirantes…

Mythologica.net


L'autre Tigre

L'histoire
Alix S. est détective. Son quotidien monotone est troublé un beau jour par un homme muet comme une carpe qui fait une crise cardiaque sur son tapis et un mystérieux échantillon de parfum que deux jumeaux à la beauté du diable cherchent à lui reprendre.
Mon avis
Un super roman très efficace qui nous remémore les anciens polars et glisse quelques références aux pères fondateurs du roman policier et de la SF, clins d'oeil à la chaîne pour amateurs de roman noir et d'anticipation cumulé. J'ai été légèrement déçue par la fin qui se termine en une sorte de revirement de situation que je trouve simpliste, presque comme si l'auteur n'avais pas su comment se débarrasser de tous ses héros pourtant si attachants d'un coup, en nous faisant le coup de l'histoire dans l'histoire. Or donc, bizarrement mieux vaudrait ne pas lire les dix dernières pages et laisser  son imagination voguer en des mers plus tourmentées. De plus, certains de ses personnages sont sous exploités, il n'y a pourtant pas de RTT dans les chartes littéraires des héros de papier. Je grogne, je grogne mais sérieusement j'ai trouvé ça super, Alix est très attachante et je n'aurais demandé que de suivre d'autres de ses aventures en compagnie de sa soeur débonnaire qui fait une apparition fugitive ou plutôt "digitive" à la fin du roman. S'il te plait, monsieur Boudry raconte nous encore une histoire !

Note : Grrrrrrrr !

L'autre tigre


phenix.org

Il s’agit d’un roman en abyme, où on est averti dès le début que l’histoire est une simulation, mais néanmoins révélatrice de la société post-cataclysmique dans laquelle vit la narratrice. Après l’Effondrement et le Dégel (réchauffement climatique qui a rendu inhabitables les zones équatoriales et tropicales), les survivants de l’humanité occupent les régions nordiques, les Américains survivants ayant conservé leurs pouvoirs et leur organisation capitaliste. L’héroïne, détective privé, est embarquée dans une affaire familiale particulièrement tordue. L’histoire va mettre à jour, peu à peu, quelques-uns des traits tordus de la société et la fin de la simulation accroîtra encore les malaises que l’histoire aura révélés.
On se laisse prendre par ce polar futuriste aussi haletant qu’un classique du roman noir et bousculer par la conclusion-épilogue.

Phénix


canalblog

Alix S. Grey, le S c’est pour sexy, est détective privée en Islande. Mais une Islande post effondrement annexée par les restes des USA et où les autochtones ont été parqués au loin pour que puisse être rebâtie une cité conforme à l’american way of life.
Tout bascule quand un client putatif vient faire une attaque dans son bureau, sa fille lui envoie une carte lui demandant de ne pas la retrouver, qu’un autre membre de la famille l’invite à une soirée branchée et que les deux petits derniers viennent jouer aux barbouzes…
Ce n’est plus une ardoise qu’il y a entre ces types et moi, c’est la toiture complète.
En essayant de comprendre de quoi il en retourne Alix se retrouve engluer dans un thriller technologique et un conflit familial larvé au sein de la tribu la plus aisée de la planète. Une fois l’intrigue lancée tout va à la surenchère dans un univers qui parait de plus en plus irréel.
Une fois que ma fidèle mémoire biologique m’a communiqué toutes ces données brutales, je me sens traversée d’un frisson de dégoût intense et généreux ; un peu comme si je faisais un shampoing à la Méduse. Et comme je ne peux m’empêcher d’ouvrir ma grande gueule, même abîmée, je résume à mes compagnons l’état de service de mes neurones. « On n’est pas dans la merde. » Après quoi je m’aperçois qu’eux, ils y sont depuis toujours.
Un court roman bien mené, avec un style familier savoureux qui n’est pas sans rappeler les dialogues à la Audiard. Etrange décalage entre la violence des faits et l’humour latent du texte, qui trouve son explication dans le twist final. Un texte très plaisant et une bonne surprise.

Efelle


Alix Grey est une privée au caractère indépendant bien trempé. Toutefois, lorsqu'en quelques minutes de temps elle reçoit une invitation pour un spectacle de strip-tease de Santal Wood, un échantillon de parfum assorti d'un message énigmatique d'une certaine Mira Wood et qu'un dénommé Cyprian Wood vient faire une attaque dans son bureau sans avoir pu dire un mot, Alix décide que la famille Wood affectionne par trop les coïncidences à son goût. Elle ne sait pas encore qu'elle va se retrouver plongée dans l'enquête la plus difficile qu'elle eut à mener… et tout ça pour un parfum.
Polar futuriste mené à fond de train par Alfred Boudry, La digitale se dévore littéralement. L'omniprésence des convictions politiques de l'auteur pourra en déranger certains, mais ce ne fut pas mon cas. Si la trame elle-même est peu originale : une lutte de pouvoir autour d'une découverte scientifique, le tout dans une riche famille aux ramifications des plus complexes, le style l'est quant-à lui beaucoup. Très fortement marqué, il suscitera les réactions les plus vives mais a en tout cas remporté mon adhésion massive.
Difficile d'en révéler plus sur ce court roman policier aux accents rock sans en déflorer l'intrigue, mais en tout cas une rencontre à ne pas manquer.

Jacques-Erick Piette

LES DÉSAMANTS

avec Héléna Demirdjian
L'Aube, 2012


Les mots de Gwen

Un roman dans lequel l’évasion se mêle à la passion...
George Bass et Mademoiselle des X se sont passionnément aimés sur les côtes Bretonnes. Les lendemains noirs de la Révolution Française les ont contraints à se séparer. Anglais d’origine, George, chirurgien, s’embarque sur l’un des navires qui part pour la Nouvelle-Galles du Sud. Mademoiselle des X doit le rejoindre afin qu’ils puissent vivre leur amour dans un pays "neuf", sans préjugés. Pour pallier à cette attente, ils vont s’écrire des lettres, lettres d’amour certes, mais lettres relatant leur quotidien aussi. Au fil des mois, ils vont pourtant s’éloigner, la faute à des mauvais mots, s’éloigner au point de ne plus s’écrire. Jusqu’à ce que l’un refasse un pas vers l’autre… Mais, se retrouveront-ils un jour ?
La première chose qui m’a séduite en lisant ce roman, c’est la façon subtile dont il mêle le réel et l’imaginaire. George Bass et Mademoiselle des X ont réellement existé. Le fait que les héros aient existé permet de s’immerger davantage dans cette histoire captivante. C’est l'un des points qui rend ce roman aussi touchant : un amour impossible qu’ils désirent vivre envers et contre tout. Des moyens de communication complexes (parfois, une lettre pouvait mettre des mois à parvenir à son destinataire), un éloignement de plusieurs années, … Aujourd’hui, cela semble inconcevable, c’est pourquoi Les Désamants est à la fois romantique et dramatique. Dramatique, il l’est et plus d’une fois. Tout d’abord, quand des propos malheureux les poussent à s’éloigner et ensuite, quand ils se retrouvent. On pourrait se dire que ça y est, tout est bien qui finit bien, mais non ; torturés, nos protagonistes vont continuer à se faire souffrir, encore et encore, jusqu’au bout.
La deuxième chose qui m’a plu, c’est la vie passionnante de George Bass. Comme il est écrit en préface, il n’est pas aussi connu que Cook, mais il fut tout de même l’un des premiers explorateurs européens de l’Australie. Ses voyages, ses rencontres, sa vie sur place, c’est enrichissant et instructif. Il note tout et se passionne sincèrement pour ce peuple encore méconnu. Si bien qu’il est bon culturellement parlant de lire Les Désamants : en plus de lire une histoire d’amour (impossible ?), nous en apprenons davantage sur la découverte de l’Australie et de la Tasmanie. Une vie passionnante donc, mais une vie assez courte : 32 ans. George Bass a disparu en mer. Et comme les auteurs, je pense qu’il aurait été un grand esprit du XIXème siècle tant sa soif de découverte était grande, une soif associé au regard neuf qu’il posait sur le monde.  
Toutefois, j’ai été partagée au début quant au caractère de George : fou amoureu de Mademoiselle des X, il l’inonde, dans ses lettres, de jolies paroles, de souvenirs et n’hésite pas à relater ses rêves érotiques. En fait, je le trouvais un peu trop "fleur bleue" et j’avais parfois envie de dire "Mais soit un homme !". Elle, elle n’hésitait pas à se montrer franche et tenait même des propos assez secs sur certains faits. A première vue, les rôles étaient inversés ! Mais, dès lors qu’il a pris conscience que son amour n’était que chimère, il s’est absorbé dans ses travaux et m’a davantage plu ! Et plus encore quand il remet Mademoiselle des X à sa place !
Un proverbe dit "Loin des yeux, loin du cœur" ; c’est un peu ce que mettent à l’épreuve George Bass et Mademoiselle des X. Peut-on s’aimer sincèrement malgré l’éloignement, la distance, la tentation ?
Une construction originale puisque l'on alterne les lettres de George et Mademoiselle des X, mais aussi leurs écrits tirés de leurs carnets secrets. A cela, se rajoute une écriture agréable, aussi bien pour lui que pour elle. Un style propre à chacun qui nous prouve, si besoin en est, que nous avons bien deux auteurs ! Deux auteurs, donc deux styles, mais qui s'accordent pour nous offrir un beau roman.
Je remercie énormément les Editions de l’Aube de m’avoir permis de découvrir ce roman captivant ! Les Désamants, un roman passionné sur bien des plans : l’amour, l’excitation de la découverte et celle de l’inconnu. Inconnue, Mademoiselle des X le reste jusqu’à la fin. Et encore, nous ne lisons que des suppositions ! Je le recommande à tous ceux qui aiment les histoires d’amour avec pour toile de fond une période troublée de l’histoire, mais aussi à tous ceux qui aiment voyager et s’enrichir.

Gwen


Dimedia.com

Les Désamants est un roman épistolaire d’aventures utopiques dont l’action se situe au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Ce livre a pour originalité, outre la force historique et la passion de ses protagonistes, que les deux auteurs ont joué le jeu jusqu’au bout : Helena Demirdjian a écrit les lettres de Mademoiselle des X, Alfred Boudry celles de George Bass.
C’est donc un ouvrage de dialogues à tous les niveaux : entre les personnages et leurs auteurs, entre les personnages et entre les auteurs.


Commentaire Amazon

Voyage dans le temps, dans l'espace et au coeur des âmes... un style d'écriture original et authentique ; j'ai adoré ! (D. Suddath)

LE SANG DE ROBESPIERRE

Le Peuple de Mü, 2013


Un dernier livre avant la fin du monde

1843 – Salomon Balthazar, premier comte de Greystoke, occupe aristocratiquement son manoir anglais, en compagnie de ses amis, Marie-Paule Dorgerens, marquise de M., Ilse Von Bohra, Friedrike Haüffe et Belà Bartoszan. Poésie, littérature, politique, tout sujet de conversation est bon à nourrir l’intellect vif de ces représentants d’une noblesse en déclin. Et entre deux disputes, un saut au village pour se rafraîchir le gosier au cou d’une jeune fille ou d’un vigoureux paysan. Certains vieux de 3 ans, pour d’autres cela se compte en siècle, ces nobles créatures de la nuit vivent en totale autarcie, loin de se préoccuper de la vie des mortels ou de leurs semblables, aidés dans lur quotidien par le bon et fidèle Edward, valet du comte.
Mais le monde se rappelle à eux lors d’une journée de sommeil, sous la forme d’un quatrain qui les visite tous dans leurs rêves. Hantés par ces mots et leur prégnance dans leur esprit, ce ne sera que le début d’une intrusion mystérieuse dans leur vie. D’abord deux mortels du voisinage, se disant poète et journaliste, puis un groupe de leurs semblables aux intentions plus que malveillantes, il n’est plus question de tergiverser: quelque chose se trame, ils le sentent tous et le poème en était l’avertissement. Nos cinq noctambules partent donc pour un périple incertain, d’Angleterre à paris, puis jusqu’à Tübingen, sur les traces, qui sait, d’une société secrète, d’un groupe mystérieux qui souhaite bouleverser le cours du monde? Une chose est sûre, la toile tissée est serrée, et chaque découverte apporte son lot de questions, tel un tarot qui se révèle dans l’ombre.
Le peuple de Mü, jeune maison lyonnaise, nous fait un plaisir immense en éditant Alfred Boudry. On vous en avait parlé ici, avec La bibliothèque nomédienne, et là pour Exploration totale, paru également chez Le peuple de Mü.
Si son talent de conteur n’est plus à prouver, son ingéniosité et son goût pour l’expérimentation littéraire est sans limite! Après avoir réussi, avec La Bibliothèque nomédienne, un livre tiré d’un atelier d’écriture avec une fluidité et une unité impressionnante, puis un livre court mais d’une intensité extraordinaire, il s’essaie ici à nous romancer une partie.. de jeu de rôles! Tiré d’une campagne selon les règles de Vampire-La mascarade, Le sang de Robespierre est donc (presque) une histoire vraie! Et le résultat est un vrai plaisir!
Tandis que la vieille Europe tremble sur ses fondations après la Révolution française, une troupe de vampires se retrouve embringuée dans une course contre la montre pour sauver leurs vies, et peut-être bien découvrir la vérité (si tant est qu’il y en ait une) sur les événements de la Révolution. Société secrète, morts-vivants en stand-by, poètes maudits, sibylles, médium manipulatrice et lames de tarot entourent les précieux mystères des grandes figures révolutionnaires… Qui étaient vraiment Saint-Just et Robespierre? Fouché et Talleyrand? C’est un formidable roman d’aventures et de quête, qui va de rebondissements en surprises. Chaque pages, chaque chapitre (ou plutôt chaque lame) amène son lot de suspense, de fausses pistes et de révélations. Mais Alfred Boudry, comme dit plus haut, est non seulement un très bon conteur, mais aussi un excellent écrivain, et chaque page de ce roman est un plaisir de lecture. Plein d’humour, de poésie et de style, construit de manière ingénieuse et fruit de nombreuses recherches, Le sang de Robespierre est un roman historique et fantastique passionnant, qui n’aurait pas à rougir à côté du Cimetière de Prague, par exemple. Pas besoin d’être rôliste pour apprécier cette aventure folle, mais les amateurs, et les non-initiés, risquent bien de vouloir rejoindre la table de jeu de Maître Boudry, pour y vivre toutes sortes d’histoires!

Marcelline Perrard


Commentaires Amazon

- Pour une toute neuve maison d'édition, publier un roman passionnant et dans un format sans bugs ni accrocs ne semblait pas aller de soi. et pourtant, rien à dire, sinon félicitations, et pourvu que ça dure. (dictastar)

- Si vous aimez les thrillers historiques et/ou les histoires de vampires, Le Sang de Robespierre est pour vous. Ce livre vous entraîne dans une enquête menée tambour battant à travers l'Europe du 19e siècle. Les personnages sont attachants et raffinés et l'intrigue est bien menée. Grâce à des descriptions détaillées assorties de références et anecdotes historiques, on s'y croit! À lire sans hésitation. // Après la lecture du tome 1, il me tardait de retrouver la galerie de personnages éclectiques rencontrés dans le Monde d'en Bas et de connaître le dénouement de l'intrigue. Comme dans le volume précédent, les histoires de chacun se déroulent sur fond d’évènements historiques authentiques, croisant habilement réalité avec une fiction élaborée et rebondissante. Le tout dans un style précis et raffiné, pour une lecture captivante. (anonyme)

- Un peu réticente au départ (je ne suis pas amatrice du genre histoire de vampires). J'ai fini par me laisser entraîner dans cette épopée à travers l'Europe, avec des personnages attachants, dans cette histoire totalement à contre courant de ce qui a été fait dans le genre. Je recommande. (wabiski)

- J'avais adoré le premier tome, je n'ai pas été déçu par le second. Les rebondissements étaient superbes, vraiment on est tenu en haleine jusqu'au bout. A quand une suite ? Merci à l'éditeur lepeupledemu.fr de nous avoir permis de découvrir ce petit bijou. (Seb de Lyon)

EXPLORATION TOTALE

Le Peuple de Mü, 2014


Un dernier livre avant la fin du monde

Xanten est médecin à bord d’un vaisseau d’exploration spatiale. Coupable, selon lui, de la mort du navigateur du vaisseau, il s’est attiré l’ire des autres membres de l’équipage. Aussi n’est-il pas surpris que personne ne vienne lui porter secours lorsque l’appareil rentre en collision avec un objet non identifié dans l’espace. Survivant miraculeusement à la chute de l’appareil, il essaie de s’adapter à la nouvelle planète sur laquelle il vient de s’écraser. Il arrive à retrouver des survivants de son équipage, qui vont vite décéder à leur tour. Que se passe-t-il donc sur ce monde si proche et si éloigné à la fois de la Terre?
L’immense avantage des textes aussi courts est qu’ils ne s’embarrassent jamais de fioritures, d’introductions trop longues ou de développements bâclés. La concision du format oblige les auteurs à une précision et à un style direct qui permettent un rythme effréné tout au long du livre. Et c’est bien là qu’Alfred Boudry m’a plus qu’agréablement surpris.
En effet toute la première moitié du livre répond parfaitement à ces impératifs. L’action est trépidante et la cadence soutenue de l’action captivent. La seconde moitié est toute autre. Commençant par un réveil fragmenté, parcellaire (même la mise en page est ajustée en fonction de ce que pourrait ressentir le personnage au sortir d’un profond sommeil), le texte se conclut sur une sorte d’immense rêverie, entre délire shamanique et rêve d’omnipotence.
Ce court roman offre plus que ce que la minceur de sa tranche pourrait suggérer, et c’est bien tout ce que l’on peut demander à un livre!

Jérémy


Commentaires Amazon

- Roman de science-fiction très bien écrit, avec des incursions idéologiques percutantes (la définition de la religion) et un univers imaginaire maîtrisé. La curiosité du lecteur porte la lecture. Effectivement s'arrêter à la taille apparente du livre (120 pages) ne signifie rien: l'ensemble a une certaine densité et la qualité, de toute façon, ne se mesure pas au poids. Pour 11 euros, le risque vaut donc la peine d'être pris. Moi qui d'ordinaire ne lis pas de science-fiction, je recommande cette expérience de lecture. Encore faut-il être capable d'apprécier le bon style ;-) (Alicia)

- Voilà un excellent récit de SF ! Direct, ingénieux, ludique, ironique et maîtrisé de son Alpha à son Omega ! Alfred Boudry propose un récit qui tient son lecteur en haleine par un art consommé du suspens, tout en se jouant de ce qu'il (le lecteur) croit deviner de la situation à venir ! Qu'il est bon d'embarquer vers l'inconnu, l'originalité, et d'en revenir avec ce supplément d'âme propre aux grands récits d'anticipation. Car oui, Exploration Totale se permet, en moins de 120 pages divertissantes, d'être aussi une œuvre réflexive sur la condition de l'Homme au sein de nos sociétés autant que sur sa place dans l'Univers ! Une Exploration Totale pour un plaisir total ! (Claude M.)

- Un bon petit roman qui permet de passer une petite après midi en super compagnie de notre Héros !!! Très accessible en terme de style littéraire, se lit très bien et on rentre facilement dans l'histoire avec de super décors qui nous font voyager !! Je le recommande vivement, ne vous arrêter pas à l'épaisseur du livre, il en contient bien plus qu'il n'y parait !!! (Julie Vallier)

- Contrairement à des personnes qui se sont arrêtées à l'épaisseur du livre, en le lisant on découvre qu'en plus de 100 pages, un roman est capable de nous happer dans un univers profond et imagé. Le rythme est soutenu sans se presser pour autant. Bref à lire sur la plage pour un voyage qui ne vous laissera pas de marbre ! (Emany)

- Nul, complètement nul et pour 100 pages seulement. Ce livre est à déconseiller à tous les acheteurs potentiels. A la réception, j'ai cru recevoir un CD (tellement le colis était fin).. (Jean-Paul « le live Joan »)




mise à jour le 22 octobre 2014

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