lundi 16 octobre 2017

Réponses au questionnaire de Procuste

8.2 Réponses, assorties de quelques vérités très-bonnes à dire


1. Pierre Michaut, fondateur des éditions L'Atalante, au cours d'une conversation téléphonique où il refusa mon essai de traduction de Dragon Bones (roman ado-fantastico-bateau de Patricia Briggs, paru plus tard sous le titre Les Chaînes du Dragon), sous le prétexte lumineux qu'elle était trop fidèle à la médiocrité du texte original. J'ai vérifié le premier paragraphe de la traduction finalement commercialisée : ça a bien été "amélioré", c'est clair. J'avoue n'avoir pas lu le reste ; déjà que j'avais dû me le taper en VO !

lundi 18 septembre 2017

Il était une mauvaise foi: Chap. 8

8. LE QUESTIONNAIRE DE PROCUSTE, ou Comment reconnaître un éditeur quand y cause dans le poste

On pourrait soutenir que le saint patron des éditeurs devrait être le bandit grec Procuste, qui étendait ses visiteurs sur un lit de fer et les allongeait ou en coupait ce qui dépassait de manière à les faire correspondre exactement à ce qu'il jugeait bon.
Alberto MANGUEL

Pour illustrer cette descente aux enfers littéraires de la façon la plus concrète possible, je vous propose, chers lecteurs1, de vérifier vos connaissances et votre intuition de ce domaine hautement réservé, maintenant que vous savez mieux comment "pense" et réagit un éditeur moyen. Voici donc un petit jeu, une sorte de Quizz qui vous permettra de mettre à l'épreuve ce que vous avez appris et ce que vous pouvez deviner. Si, d'aventure, vous persistez à vouloir faire partie de ce merveilleux univers, vous serez alors (peut-être) suffisamment armé pour affronter ses chausse-trappes et ses trappeurs.
N'oubliez jamais que le gibier, c'est vous.

Réponses début octobre.

mercredi 12 juillet 2017

Festival Les Carnets, 2e édition

Les craintes d'orage ayant été dissipées par le vent, la première journée du festival a pu se dérouler dans une fraîcheur relative mais bienvenue après la canicule. Dès 10h du matin, samedi, visiteurs et curieux pouvaient admirer des milliers de carnets aux étals de la soixantaine d'exposants. Cousus mains, décorés, à élastique, lignés, immenses ou minuscules, à carreaux, à croquis, personnalisés, à couverture de bois ou de cuir, en matières végétales, tous les types imaginables étaient représentés.

mardi 11 juillet 2017

Il était une mauvaise foi: chap. 7

7. MANIPULATIONS DE MASSE & TECHNIQUES DE CONTRÔLE

Le best-seller se situe ainsi au croisement de la technique et de la magie, du miracle et de l'industrie lourde.
Frédéric ROUVILLOIS


7.1 LE GAI MORVEUX ou "Comment inculquer l'industrie aux enfants"

Cette partie s'adresse aux enfants ; je veux dire aux enfants que nous sommes tous censés avoir gardés en nous. Nous commencerons donc par une zoulie anecdote :
Je commis un jour l'erreur de donner rendez-vous à une amie dans un salon de thé-librairie anglaise. Je ne regardais pas du tout les infos et n'étais donc pas au courant de l'événement mondial le plus important du jour. A vrai dire, je ne m'en portais pas plus mal, mais c'est parce que j'ignorais que je fusse malade.

mercredi 5 juillet 2017

Il était une mauvaise foi: Chap. 6

6. LES GHETTOS LITTÉRAIRES

Je ne crois pas qu'on puisse classer les romans par genre. [...] C'est une idée professorale [...] que je n'ai jamais ressentie.
Jacques LAURENT


6.1 BARRIÈRES INVISIBLES & FENÊTRES MENTALES ou Comment calmer un auteur un peu trop excité

La surdité traditionnelle du dialogue entre éditeurs et auteurs ne saurait être aussi bien illustrée que par ce que j'appelle la "plaie du gabarit". Tous les concours de nouvelles, toutes les anthologies en recherche de textes, précisent dans leur règlement que les "documents soumis doivent faire au plus tant de signes." Certains précisent même que "la longueur du texte importe peu, pourvu que ce soit un maximum de tant" ! Ce qui doit être une forme d'ironie, sport intellectuel parfois si subtil qu'il en devient indécelable.

lundi 26 juin 2017

Il était une mauvaise foi: Chapitre 5

5. LA COLLUSION EDITEURS / ETAT

Attenter à la littérature d’aujourd’hui, en montant en épingle de faux écrivains et en en mettant de bons au secret, c’est fomenter les crimes de demain.
Antonin ARTAUD

Dans les années 1980, comme partout ailleurs dans le monde occidental, les choses commencèrent à se gâter. La guerre des éditeurs venait de commencer, doucement, sournoisement, à l'insu du grand public. Un triste individu, riche à crever (mais n'ayant pas assez d'imagination ni de délicatesse pour crever vite et seul), hérita d'un empire financier colossal, ce qui le mena à se prendre pour le Charles Quint du XXe siècle. Parmi les pièces luxueuses de son vaste domaine éclaté, il y avait un mini-empire éditorial ; des journaux, des maisons d'édition, des imprimeries, des groupes de diffusion et de distribution1.

mercredi 7 juin 2017

Il était une mauvaise foi: Chap. 4

4. LA « SOLUTION » NUMÉRIQUE ou Peut-on (se) sortir seul du marasme ?

Afin d'avoir en caisse le profit de l'annonce [publicitaire], on eut de la complaisance pour les livres annoncés.
SAINTE-BEUVE

Voici le compte rendu d'une conférence prétendument tournée vers l'avenir ; le but de ce chapitre est de plonger le lecteur dans la peau d'un écrivain essayant de comprendre ce qui se passe sans pour autant se noyer. Internet étant de plus en plus considéré comme la panacée de l'avenir littéraire, cette conférence parlait de "révolution numérique". Pour ceux qui croiraient encore qu'Internet est la solution miracle qui permettra à tout un chacun d'échapper à l'emprise des lois, voici le genre de propagande "subtile" qui se répand dans la "réalité virtuelle" (sic). La chose sera assez technique, mais vous n'y couperez pas ; le but est bien de vous faire toucher du doigt les difficultés du problème ; après, il faudra vous laver les mains. En d'autres termes, si vous croyez qu'on peut faire de la bonne cuisine sans se salir, laissez tomber et rendez-vous (sans résistance) au McDo' le plus proche.

lundi 29 mai 2017

Il était une mauvaise foi: chap 3, Traduire ou comprendre

3. TRADUIRE OU COMPRENDRE

Écrire tordu pour épargner des mollusques ? Merci bien. Ce qu'il ne faut pas dire, c'est peut-être justement ce qu'il faut écrire.
Léa BELMONT (in Nuit gravement au salut, Henri-Frédéric Blanc)

Je nous épargnerai mes vingt-cinq ans d'expérience dans le domaine peu gratifiant de la traduction technique non assermentée pour passer directement à celui de la traduction littéraire.
Ces derniers temps, j'ai surtout pris conscience que le grand public ignore la plupart du temps en quoi consiste réellement le travail quotidien des milliers de traducteurs en langue française qui constituent l'armée, désorganisée et indisciplinée certes, mais indispensable à la diffusion des cultures Autres chez nous.
C'est pourquoi j'ai décidé de lever un pan du voile ; un vaste pan, à vrai dire. Nul doute que cela me vaudra une crucifixion en règle. Entre nous (je m'adresse au public), cela ne changera rien à ma situation actuelle ; autant entériner la décision générale et accomplir les actes pour lesquels ledit milieu m'a déjà condamné.

vendredi 19 mai 2017

Il était une mauvaise foi: Chapitre 2

2. POURQUOI SONT-ILS SI MÉCHANTS puisqu'ils ne sauraient être aussi cons ?

Notre Maison publie des livres de cuisine rapide pour célibataires pressés, des contes pour enfants fabriqués à la chaîne par des pédagogues professionnels, des polars flottants pour lire dans la baignoire, des guides de voyage si précis qu'ils donnent envie de rester à la maison, des micro-classiques pour se cultiver pendant les embouteillages, des best-sellers écrits par des ordinateurs, des essais sponsorisés, des encyclopédies de poche, des poèmes d'hominiens politiques, des réflexions philosophiques d'animateurs télé, des confessions d'évêque véreux, des beaux livres sur les perroquets, les dessous coquins, les étiquettes de fromages, les orchidées et les pantoufles... Nous pourrions nous passer de Littérature, ce qui est une option sérieusement envisagée. Le cheval n'a pas besoin de sa queue. D'ailleurs, dans les vestiges de notre département littéraire, nous avons de grands défunts à exploiter, des écrivains délicieusement morts qui ne demandent qu'à bien marcher. Les morts, c'est toujours très vendeur, encore plus que les jolies femmes. Si nous gardons quelques vivants, c'est pour que notre catalogue ne ressemble pas trop à un ossuaire.
Henri-Frédéric BLANC, Nuit gravement au salut

mardi 2 mai 2017

Il était une mauvaise foi: Chapitre 1

Il était une mauvaise foi..

(quinze ans dans les soutes de l'édition française)

 
Il est temps qu'un texte de loi

Prive les éditeurs de leurs droits

Puisqu'on fourre en prison les souteneurs ordinaires.

Et encore... eux... leurs putains les aiment.
Boris VIAN

 

1. ÉTAT DES LIEUX

Tu sais où tu peux te les mettre, tes Cachou, Karpov ?
Bob SAINT-CLAR


1.1 DE LA MISÈRE EN MILIEU ÉDITORIAL

Vous venez d'entamer la lecture d'Il était une mauvaise foi. Vous ne le lisez pas par hasard. Vous ne lisez jamais rien au hasard ; c'est trop "risqué". Il y a tant de livres publiés, de nos jours ; on a d'autant plus de chances de tomber sur un "mauvais". C'est ce que vous vous dites.

mardi 10 janvier 2017

Récupération intégrale de mes droits

J'ai décidé de récupérer l'intégralité des droits concernant mes ouvrages, quels que soient l'état et le contenu des contrats qui me "lient" à "mes" éditeurs. Certains de ces derniers n'hésiteront pas à arguer que cette récupération n'est pas valide, voire illégale ou illégitime. Plus probablement, ils réagiront à leur manière habituelle, c'est-à-dire par une indifférence calculée. Non seulement je suis prêt à discuter de cette validité dans un tribunal mais j'estime que la question vient précisément de là : le contrat en était-il bien un ? Le papier que j'ai signé parce qu'on ne me proposait rien d'autre avait-il le sens d'un contrat véritable ? Son égalité de principe (telle qu'elle est stipulée par l'article 132-1 du Code de la Propriété intellectuelle) a-t-elle été respectée dans ses termes par l'autre partie ?
J'estime que la réponse à ces trois questions est la même : non.
Afin d'éclairer mes propos, je vais détailler les raisons de cette rupture totale et irréversible.

- Le Peuple de Mü : la rupture a été "négociée" avec l'éditeur Davy Athuil ; la cause est la suivante : sous prétexte qu'il a été arnaqué par son diffuseur SoBook en 2015 (après une défection technique, en 2014, de son premier diffuseur Sodis, défection plus que douteuse, puisque ce diffuseur n'a tout bonnement pas daigné faire son travail), Davy Athuil a soudain cessé toute communication, me laissant dans le flou complet quant à nos nombreux projets en cours (ajoutons à cela six mois de retard dans le versement de mes droits 2015, versement qui a été effectué sans m'en informer le moins du monde). Cette attitude puérile et irresponsable ne permet pas une collaboration sereine et mutuellement profitable (ce qui est, il faut le rappeller, le but de tout contrat). Le Tome 2 des Vicariants est sorti le 23 novembre sans que j'en aie été informé ; et je ne sais rien du volume 2+1, une application numérique censée avoir reçu une subvention, dont je ne verrai peut-être jamais la couleur. A l'heure où j'écris ces lignes, je n'ai toujours pas reçu mes 5 exemplaires de complaisance.
Comme prévu dans ce cas, j'ai repris les droits de la collection Adynata, tout en laissant à l'auteur Sonia Quémener le choix de me suivre ou de rester au PdM.

- actuSF : alors qu'il déclarait (dans l'une de ses rares et fort irrégulières redditions de compte) avoir encore une cinquantaine d'exemplaires de mon roman La Digitale (publié en 2010) en stock, l'éditeur Jérôme Vincent a déclaré sur son site de ventes que ledit roman était épuisé. Pire encore : alors que celui-ci s'était bien vendu (370 ex. sur 500 en deux ans), l'individu Vincent a refusé de procéder à une ré-édition, reléguant de fait le livre à l'oubli. Lorsque je lui ai signifié, en 2014, que je comptais récupérer mes droits suite à son incompétence et son iniquité, il a joué les grands incompris, voire les princes bafoués. Dans l'incapacité de s'étouffer avec sa mauvaise foi (c'est d'ailleurs à ça qu'on la reconnaît : elle n'étouffe que ceux qui la subissent, pas ceux qui la sécrètent), il a condescendu à me laisser récupérer mes droits. Son avis en la matière n'avait en fait aucun intérêt. Il était hors de question qu'un éditeur aussi incompétent et irrespectueux maintienne La Digitale aux oubliettes décrétées par son irresponsabilité crasse.
Depuis, plus aucun de mes livres n'est diffusé en librairie, et je sais de source sûre qu'il offre des exemplaires de La Digitale.

- L'Aube : le cas de ce pseudo-éditeur en sciences sociales est encore plus caricatural que le précédent. Fondé par un universitaire qui voulait être sûr de voir ses écrits publiés (le rejet pousse à tous les désespoirs), la publication des Désamants chez cette maison est le résultat d'un concours de circonstances. Héléna Demirdjian, ma co-auteur, a été en effet recommandée auprès de cette maison par l'un de ses enseignants, personnalité littéraire (Gérard Chaliand) nationalement reconnue. Dès les premiers e-mails concernant la négociation du contrat, j'ai su qu'il y aurait des problèmes. Il y eut les menaces plus ou moins voilées, le mépris à peine déguisé, et la condescendance plus ou moins appuyée.. bref, le lot habituel de la communication éditeurs-auteurs quand l'éditeur se prend pour le patron.
Si l'ouvrage lui-même a été bien conçu (encore que nous n'ayions rien eu à dire sur la couverture, qui nous a été imposée sans la moindre concertation), il n'a pas été promu par l'éditeur, comme le contrat l'y oblige. L'unique séance de signatures au Cultura de Marseille a été qualifiée de semi-fiasco par la stagiaire âgée de 20 ans qui l'a organisée (ce qui prouve que certaines personnes, bien que littéraires, confondent le sens de la litote et celui de l'ironie). Pire encore, je n'ai jamais reçu la moindre reddition de comptes ; chacun de ces points constitue une violation flagrante des engagements de l'éditeur.
En l'occurrence, il n'est pas nécessaire d'envoyer une mise en demeure à cet éditeur aussi virtuel que véreux. Sa défec(a)tion est totale.

- L'Atalante : le sujet le plus triste et le plus complexe de ce "dossier". Mon seul livre chez eux, La Bibliothèque nomédienne, est un collectif. Je ne peux donc décider pour les six autres auteurs, qui ont plus ou moins disparu dans les limbes d'internet (à l'exception de Marc Vassart, si totalement dégoûté par ses rapports avec des éditeurs qu'il a totalement cessé de chercher à être édité, ce qui prive le public de son chef-d'oeuvre en frîche De terre et de mer inconnues..)
L'affaire est d'autant plus pitoyable que la phase d'élaboration du livre s'est déroulée comme en rêve (en plus du fait que L'Atalante est l'un des deux seuls éditeurs à m'avoir payé décemment). Les choses n'ont commencé à se gâter que trois mois après la sortie du livre en septembre 2008. Alors que Mireille Rivalland et un représentant du diffuseur Harmonia Mundi m'avaient promis (en présence de Pierre Michaux, éditeur, et de Soledad Otone, responsable de diffusion) que le livre serait promu et diffusé pendant une année complète, étant donné son atypisme et sa forme spéciale, il fut en réalité retiré des rayons de librairie dès le mois de janvier 2009. Un libraire à qui j'en faisais la remarque m'a dit en souriant : "Eh oui! Il fallait bien faire de la place aux merdes de Bragelonne." Que cette décision ait été pris par des responsables d'Harmonia Mundi (un diffuseur qui pratique l'ingérence dans les ouvrages des éditeurs qu'il diffuse) m'importe peu ; que l'Atalante ait changé de diffuseur par la suite (sans pour autant m'en avertir) est tout à leur honneur ; mais ils n'ont pas donné de seconde chance à La Bibliothèque nomédienne. Ils ne l'ont pas non plus sortie en poche, promesse pourtant faite par Mireille Rivalland en mars 2009, seule communication qu'elle a daigné m'adresser depuis la sortie du livre.
Ils n'ont plus rien fait.
Je mentionnerai aussi leurs redditions de comptes, si incompréhensibles et changeantes qu'à ce jour, je ne sais toujours pas combien d'exemplaires ont été fabriqués à l'origine, bien que j'aie posé la question à plusieurs reprises. Le savent-ils eux-mêmes ? Au moins me payent-ils (encore qu'irrégulièrement et avec trois ans de retard) les droits SOFIA liés aux emprunts en bibliothèques. Ils sont les seuls à le faire.

Je ne m'attarderai pas sur les éditeurs de mes traductions. Le risible Au Diable vauvert (qui publient des traductions contenant plus de 15.000 fautes et les ré-éditent telles quelles) et La lamentable Volte (qui croient qu'une traduction est un ouvrage collectif), qui envoient au petit bonheur la chance des redditions de compte minimalistes, me redemandent régulièrement une adresse qui n'a pas changé, se fendant ainsi d'une obligation légale à bon compte, pour ne pas dire à bonne conscience.. si ce terme a du sens pour eux.

Passons aussi sur les divers "éditeurs" numériques nés dans les années 2010, dont les contrats oscillent de l'improbable à l'absurde en passant par l'inepte, l'imbitable et le franchement débile. Ils mourront de leur petite mort et laisseront la place à d'autres, tout aussi inconséquents. Trouver un éditeur compétent, respectueux et responsable est devenu aussi vain que de tomber sur un fonctionnaire prêt à aider un contribuable plutôt que de l'enfoncer dans la merde.
L'accumulation intolérable de toutes ces raisons aussi puériles que minables ont fini par réduire ma patience en charpie. Traiter avec un éditeur aujourd'hui est aussi éreintant que voué à l'échec. Pire encore : l'issue la plus courante est qu'à force de fréquenter d'autres éditeurs, il deviendra fatalement comme eux. C'est "normal", direz-vous : lui aussi veut survivre ; il apprend donc auprès de ceux qui ont survécu et cherche à leur ressembler pour ne pas leur faire peur. Il oublie, ce faisant, que la principale raison pour laquelle eux ont survécu, c'est qu'ils ont fait le ménage autour d'eux et ont fait plier les dissidents, détruisant leur originalité.
A vrai dire, après coup, je me suis aperçu que l'éditeur Davy Athuil a commencé à développer des réflexes de mauvais éditeur peu de temps après avoir rencontré Jérôme Vincent, éditeur d'actuSF. Coïncidence ? Je n'y crois pas.
D'où mon conseil aux auteurs en herbe qui veulent absolument être édités à compte d'éditeur, estimant que c'est encore le graal de l'écrivain du XXIe siècle : quitte à passer entre les pattes d'un éditeur classique (qu'il fasse dans le numérique, le papier ou les deux, same difference..), cueillez-le dans les deux premières années de son existence. Ensuite, il sera trop tard. Soit vous lui rapporterez assez de fric pour absorber la fabrication de vos livres et il vous respectera uniquement pour cela, soit ce ne sera pas le cas et vous serez catalogué/e "auteur (génial mais) difficile" ; alors il vous rejettera sans ménagement (s'il a une once de courage) ou il vous négligera jusqu'à l'oubli (s'il est lâche, comme tout le monde).

De tout ceci et de quelques autres choses (que j'ai détaillées dans le pamphlet Il était une mauvaise foi, qu'un éditeur voulait éditer mais qui, après avoir tergiversé pendant plus de deux ans, a.. disparu), il découle que "mes" éditeurs, de par leur négligence, leur incompétence, leur iniquité, leur malhonnêteté, leur irrespect, leur stupidité ou n'importe quelle combinaison d'autres "qualités" humaines, ont tous forclos leurs droits de m'exploiter, moi et mes travaux ; que ce soit de mon vivant ou après ma mort. Seuls mes amis ou ma famille auront le droit d'exploiter mes travaux après mon décès.
Dans les mois qui viennent, ces travaux seront donc peu à peu mis en ligne, au format numérique tout d'abord (plus tard, papier, si mes moyens me le permettent et si je trouve un imprimeur honnête) sous l'égide d'ADYNATA, une coopérative informelle d'auteurs désireux de se passer d'éditeurs. J'invite donc d'autres auteurs, déçus (le mot est faible, dans ces circonstances) par "leurs" éditeurs, à rejoindre la coopérative.
Pour l'heure (2017), il ne s'agira que d'une appellation non contrôlée, un signe de reconnaissance sans le moindre engagement. Si, d'ici 2018, les choses se mettent en place à la satisfaction de tous, nous nous réunirons pour réfléchir à une forme plus large, efficace et pérenne, en tout cas, une forme qui n'aura rien à voir avec une maison d'édition classique, c'est-à-dire née dans la bourgeoisie XIXe et défendue par un système juridique obsolète et profondément inique.