mercredi 3 février 2016

Communiqué de compresse

Après la Sodis/Gallimard qui avait sabordé la sortie de mon roman Le Sang de Robespierre en juin 2014, sans rien faire ensuite pour réparer leurs bourdes lamentables et leur ineptie, nous (auteurs du Peuple de Mü) venons d'apprendre que la société SoBook a arnaqué notre éditeur (entre autres) et que nos livres n'ont jamais été réellement distribués et diffusés.

De gauche à droite: l'éditeur, le diffuseur, le libraire; à terre: l'auteur exsangue, flingué depuis longtemps. (Photo DR, extraite de Reservoir Dogs, Q. Tarantino, 1992)
Que dire? sinon merci à toi, merveilleux monde de l'édition industrielle. Merci, car je suis presque heureux de constater qu'à chaque minute, tu me donnes raison de te conspuer. Hélas, je n'ai pas les moyens de te détruire à petits feux comme tu le fais de ma vie et de celle des écrivains modestes de ce pays. Nous ne pouvons même pas espérer te maculer la face de tartes à la crème puisque tu n'as jamais le courage d'apparaître en public, laissant ce "privilège" aux artistes et aux éditeurs dont tu te repais. Comme tous les caïds, tu restes soigneusement dans l'ombre, drapé dans ta lâcheté, encaissant les bénéfices frauduleux que tu as récoltés sur le dos des rares gens honnêtes qui survivent encore par miracle dans ce milieu vénéneux. Tu n'as même assez d'esprit pour comprendre que tes actes minables ne peuvent conduire qu'à une seule conclusion: l'éradication de toute culture. Ce que tu voles aujourd'hui ne pourra pas nourrir les créateurs de demain, que tu ne pourras donc plus voler après-demain. C'est ainsi que tu te payes le douteux privilège de crever le dernier.

Mais puisqu'il est de bon ton de rester positif face aux revers de l'existence, je me console en me disant que si mes livres ne se sont pas vendus, c'est parce que, quelque part en France, une poignée de pauvres types n'a pas fait son boulot, ce qui implique que je n'y suis pour rien. Bien sûr, cela ne résout pas la question de savoir s'il existe ne serait-ce qu'un seul diffuseur / distributeur honnête dans ce pays.. ce dont je doute catégoriquement. Ni la question de savoir comment je peux espérer continuer à vivre décemment.

Si donc, vous lecteurs, souhaitez vous procurer les ouvrages du Peuple de Mü, vous n'avez d'autre choix que de passer par la plate-forme numérique de cet éditeur. C'est moins bien qu'une librairie, c'est vrai; mais c'est tout ce qui nous reste.

2 commentaires:

  1. Je fais partie des auteurs concernés, et même si j'en avais eu des échos avant, je suis complètement dégoutée en lisant l'annonce officielle.
    Pour mon livre dont j'ignore s'il a vraiment été vu de quelqu'un à part ma famille, mais surtout pour Davy du Peuple de Mü, qui s'est donné du mal pour aider à la création de ce livre (et d'autres) et qui se voit "récompensé" ainsi de son travail, tout ça parce que tel un site de vente en faillite, SoBook a encaissé l'argent sans rien faire derrière.
    La bonne nouvelle c'est qu'il va y avoir une plainte. Que Le Peuple de Mü n'est pas la seule victime, ce qui permettra à d'autres éditeurs de se porter éventuellement partie civile. Que si la justice fait son travail, SoBook ne restera pas impuni, en plus de la réputation qu'on va lui faire dès maintenant.

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    1. Si j'osais, je te rassurerais en disant que ceci n'est que ta première déconvenue, donc la plus douloureuse; moi, ça fait quinze ans que je sers de paillasson. Mais c'est là un argument maladif. Alors je préfère te dire qu'on va se battre et leur faire rendre gorge. Après tout, qu'est-ce qu'on a à perdre?

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