dimanche 23 août 2015

Parodie Céleste - Chapitre 1

1

Comme tous les samedis à midi quand il était dans sa ville plus ou moins natale, Semántico Goya déjeunait à la cafétèria du cinéma d'art et d'essai de son arrondissement, rue Truffaut : le Projecteur. Il en aimait l'ambiance bon enfant, non commerciale, les petites lampes individuelles qu'on pouvait déplacer à son gré, les prix raisonnables, les tartes maison, les expositions occasionnelles d'artistes autochtones, et les affiches de films.

Il se munissait en général d'un livre exténué dont il cassait les reins pour le lire en mains libres, maintenant ses pages à l'aide des divers ustensiles à sa disposition : assiette, pied de lampe, carafe, cendrier. En général, il oubliait son téléphone mobile chez lui, ce qui lui faisait des vacances ; même si, à vrai dire, il était loin d'être fort sollicité par la clientèle (et encore plus loin d'être un bon client pour son opérateur, qui le méprisait secrètement).

Ce samedi-là, au milieu du mois de juin, quand une sonnerie discrète retentit dans la cafétèria à peine occupée, Semántico n'interrompit pas sa lecture. C'est seulement à la troisième sonnerie qu'il reconnut la sienne. Fronçant les sourcils, il plongea la main droite dans la poche intérieure de son veston, suspendu au dossier de la chaise ; appuya tout de suite sur le bouton vert afin de ne pas perdre l'appel, ce qui l'aurait obligé à attendre un éventuel message vocal, ou pire encore, à attendre une absence de message vocal.

Il porta l'engin à son oreille, sans l'y coller tout à fait ni regarder l'écran ; c'était inutile, il n'y avait aucun numéro dans son répertoire.

M. Goya ! fit une voix masculine assez forte.
M. Nerecim, dit Sem calmement, après avoir posé sa fourchette et avalé son bout de tarte au poulet-cumin.
Avez-vous lu les journaux ce matin, mon cher ? attaqua son interlocuteur.
Pas encore. Je me suis couché tard.
C'est vrai ; j'oublie souvent que nous vivons aux antipodes, vous et moi.

Sem n'avait jamais réussi à savoir si c'était là une façon de parler ou un fait exact. Le numéro de Savoy Nerecim n'apparaissait jamais à l'écran.

Il y a quelque chose dans le Midi libéré d'hier, reprit le monsieur âgé mais encore vert, qui, je crois, vous intéressera. En deuxième page ; une histoire de tramway à Montchauvier. Vous en trouverez un écho dans le France-Nuit de ce matin, je pense.
Bon. Je vais regarder ça, répondit Sem.
Je vous en saurais gré, M. Goya. Je ne crois pas trop à cette prétendue disparition, mais... sait-on jamais ?
Bien sûr.

Semántico Goya travaillait (le mot était peut-être un peu fort ; disons qu'il accomplissait parfois des missions) depuis douze ans pour Savoy Nerecim. Celui-ci, à intervalles irréguliers, demandait à Sem d'enquêter sur des affaires étranges, qui relevaient rarement de la police. En douze ans, Sem avait maintes fois marché sur les plates-bandes des flics, de détectives plus ou moins privés, de pseudo-miliciens, de gardes du corps chatouilleux, d'enquêteurs d'assurances, et aussi de quelques bandes de truands authentiques ; mais il n'avait jamais rencontré le moindre fantôme, ni la plus petite manifestation un tant soit peu inexplicable, irrationnelle ou incompréhensible. Des trucs bizarres, tordus, graves, ça oui, mais irrationnels ? Pas l'ombre de la queue d'un soupçon.

À chaque fois, le vieux monsieur (qui était vieux depuis que Sem le connaissait, mais qui paraissait ne pas vouloir changer avec le temps) faisait d'énormes efforts pour ne pas se montrer déçu. À chaque fois, il avait envoyé à Sem un chèque supérieur de 50 % aux honoraires demandés. Au début, quand il avait protesté, M. Nerecim avait répondu qu'il entendait ainsi louer la disponibilité de Sem. Les affaires étaient souvent des cas fugaces, secrets, en tout cas dissimulés, volatils ; il fallait agir vite, donc être aux aguets. Sem n'avait plus discuté. Le reste de son business n'était pas assez florissant pour faire le poids côté finances.

Savoy Nerecim était le fondateur et directeur (peut-être aussi le seul membre) de l'Institut parapsychologique transnational, dont le siège se trouvait à Paris, à l'autre bout du 17e, rue Roger-Bacon. Sem s'y était rendu quelques fois, lorsqu'une affaire avait exigé des recherches préalables. Les locaux de l'association (à laquelle le gouvernement avait refusé deux fois le statut d'utilité publique) consistaient en un deux-pièces confortable : un bureau (petit) et un salon-bibliothèque (moins petit). Les murs du salon étaient couverts de livres fort bien rangés qui racontaient l'histoire de l'ésotérisme à travers le monde, de l'alchimie, de la kabbale, du mysticisme tant oriental qu'occidental, etc.

Lors de leur première rencontre (il n'y en avait eu que trois en douze ans), Sem avait demandé à son éventuel employeur si son scepticisme indécrottable ne risquait pas de constituer un obstacle majeur à la bonne marche du travail. Le vieux monsieur avait éclaté d'un rire puissant, révélant des dents abîmées mais authentiques.

Bien au contraire ! avait-il répondu. Les gens qui gravitent dans le milieu para-scientifique sont des champions du paralogisme, par la force des choses. Certains le pratiquent depuis si longtemps, ou si profondément, qu'ils n'ont plus la moindre conscience de leurs dérives mentales. Écoutez-moi bien : 99 % des mystères inexplicables sont dus au fait que les "chercheurs" spécialisés sont incapables de comprendre comment ils en sont venus à croire leurs propres illusions. Je suis persuadé - la psychologie le prouve - que l'esprit humain est beaucoup plus fragile que ce que l'on veut nous faire croire. Une question de fierté mal placée, je suppose. Quand Descartes disait que le bon sens est la chose du monde la mieux partagée, il entendait là une belle plaisanterie ; ou peut-être souhaitait-il provoquer les esprits aiguisés de l'époque. Allez savoir ! En même temps, ce qu'il y a dans les caboches humaines est aussi fort solide. Je crois, pour ma part, que l'essentiel des problèmes de notre espèce tient au fait que, lorsqu'un individu est éprouvé par la réalité qui l'entoure, il ne sait jamais à quel moment il doit céder ou résister.

Savoy Nerecim avait recommencé à rire, et Sem n'avait pas, sur le moment, trouvé les mots justes pour expliquer qu'il ne voyait pas très bien ce que tout cela signifiait. Il avait fait comme toujours ; il s'était mis à parler d'autre chose.

En somme, si j'ai bien compris, vous voulez que je devienne un démystificateur ?
C'est tout à fait ça. Je vois avec plaisir que vous êtes au courant de cette merveilleuse profession alternative.
Alternative ? Le mot est court. On n'en compte qu'une douzaine dans toute l'Europe, et une vingtaine dans les Amériques. Quant au reste du monde, il ne semble pas y en avoir.
Détrompez-vous. C'est qu'ils se donnent d'autres noms. Et pour ceux du monde anglo-saxon, les fameux "debunkers", sachez qu'une bonne moitié ne sont que des charlatans, les héritiers des marchands d'élixir du 19e siècle. Il y en a même une poignée qui, quoique fort doués, travaillent en réalité pour le compte de certains groupes privés qui font leurs choux gras de la crédulité humaine. Je pourrais citer des noms fameux, mais je m'en voudrais de briser l'image mythique que vous en gardez depuis votre enfance.
Et si j'insiste ?
Pas la peine. Les journaux sont pleins de leurs activités lamentables, de leurs vedettes prostituées et de leurs démêlés avec la justice, qu'ils bafouent et contournent sans vergogne pour le seul bonheur de se faire de la publicité gratuite, aux frais du citoyen.
Vous ne les combattez pas ? L'Institut ne sert pas à ça ?
Personne ne les combat vraiment. Leur existence est aussi naturelle que celles des religions d'état, dont elles ne sont que des brouillons vermifuges. L'IPT a mieux à faire que de perdre son temps avec ces castes féodalistes qui prennent plaisir à brûler des sorcières médiatiques.
Mais alors, de quoi vais-je m'occuper, avec mon rationalisme à tout crin ? Parce que je préfère vous prévenir charitablement, M. Nerecim : les fantômes, le petit Jésus, les extra-terrestres et les complots internationaux, pour moi c'est kif-kif.
À la bonne heure, M. Goya ! Car vous allez vous occuper de gens.
De gens ?
Oui, M. Goya, de gens. Vous savez ? Des gens perdus, manipulés, désespérés, au bord du gouffre ou de la folie. Ce sont eux qui attirent les rapaces, les profiteurs et les sorciers de l'âme moderne. Vous les protégerez, vous les sortirez des filets où on les aura pris. Vous détruirez des monstres. Comme Antéros ! Comme Hercule !

Sem avait laissé passer un moment en retenant sa respiration. Le vieux monsieur était resté perdu dans ses pensées.

Vaste programme, avait repris Sem. Je croyais que vous cherchiez simplement des... des fantômes, lâcha Sem, utilisant ce mot pour la première fois de sa vie dans un contexte sérieux, ce qui lui parut ridicule.
Rassurez-vous, je n'en cherche pas. Mais...
Mais ?
Mais si l'un d'eux daigne me trouver un jour - ou une nuit - je ne me cacherai pas.

Sem n'avait pu s'empêcher de sourire.

Ne s'agit-il pas d'une contradiction ?
Pas de chichi, voyons ; c'est bel et bien un paradoxe, et de dimensions colossales, qui plus est. Comme le disait à peu près Paul Valéry, qui aimait bien faire tourner les guéridons en bourrique : le paradoxe est la forme même de l'intelligence humaine. Sans cette possibilité de penser de travers, nous penserions tous droit, n'est-ce pas ? Et Dieu existerait, ne serait-ce que pour vérifier l'orthodoxie générale et limer ce qui dépasse. Quelle horreur ce serait-là ! Allons, vous avez déjà senti, j'en suis sûr, ce grattement à l'intérieur du crâne, celui de l'opinion générale ou du goût commun, qui entend vous faire plier, vous soumettre à son avis. Chez nous, qui sommes policés, ce grattement prend la forme d'un simple mépris, parfois très efficace, qui vous cantonne l'individu original dans la cellule de son choix ; dans d'autres pays, c'est la bonne vieille torture physique. Entre les deux, toute la gamme des coercitions est libre de s'exercer, et les individus sont libres de s'échapper ou de crever. Mais pardon ; je divague.

Semántico s'était contenté de sourire, lui aussi, tout en se demandant quel était son paradoxe personnel, celui qui lui permettait de prendre le minimum de recul nécessaire pour avoir une conscience en état de marche. Il ne s'en connaissait aucun. À vrai dire, il n'avait jamais creusé la question. Alors qu'il cherchait comme un fou dans les recoins de sa mémoire, Savoy Nerecim s'était levé de son fauteuil, approché d'un pan de sa bibliothèque, avait saisi un petit livre et l'avait tendu à Sem.

Tenez, vous lirez ceci, je vous prie. C'est un peu ardu mais l'auteur explique comment se pratique la sorcellerie dans la France métropolitaine d'aujourd'hui.

Sem avait levé un sourcil. La minceur du livre le rendait perplexe ; il le prit et lut le titre à haute voix.

Les mots, la mort, les sorts. Jeanne Favret-Saada.

Et depuis douze ans, il ne cessait de le relire. À chaque fois qu'il le terminait, il avait la sensation (la certitude même) d'avoir tout compris, de pouvoir saisir à pleines mains le secret du pouvoir que certains individus sont capables d'exercer sur d'autres, jusqu'à les tuer en les étouffant dans les rets de leur haine, de leur jalousie ou de leur ressentiment.

Et puis, une fois revenu à la réalité, confronté à des cas bien concrets, Sem s'apercevait qu'il ne savait plus. Il n'y avait plus que des victimes, des salauds, des crimes abjects ou stupides, et il était là pour nettoyer ce qui pouvait l'être. Parfois, il ne restait pas grand-chose ; dans ces cas-là, il se sentait mal, s'enfermait longtemps, paumait son téléphone et mettait du temps à le retrouver. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas oublié son téléphone chez un pote. À vrai dire, le fait qu'il l'eût inconsciemment pris avec lui pour aller déjeuner prouvait qu'il était temps de répondre à un coup de fil.

Après avoir décidé les détails habituels, Sem termina son repas et se leva pour aller chercher France-Nuit, dont les pages Province relayaient parfois des nouvelles venues d'ailleurs. Il n'eut pas à chercher longtemps ; les indices donnés par Savoy Nerecim lui permirent de cerner l'intrus, en bas de douzième page.

"Suicide à la prison de Montchauvier
C'est avec une grande consternation que les gardiens de la prison des Bûchettes ont découvert ce matin à 6 heures le corps pendu par sa ceinture de pantalon de Guilhem Borromino qui y était écroué depuis quelques jours dans l'attente de son inculpation pour le meurtre présumé d'une jeune fille remontant à vendredi dernier."

Semántico sentit sa gorge se dessécher instantanément sous l'effet de la prose du correspondant local. Il leva les yeux, espérant commander un demi à distance d'un simple geste, voire d'un simple regard, comme un vieil habitué, mais Muryel, la serveuse en chef, n'était pas visible derrière son comptoir ; elle devait être au fond de la cuisine, et il n'y avait personne d'autre. Contrarié, il reprit sa lecture.

"Ce suicide vient s'ajouter à la vague nationale qui secoue notre pays d'un joue (sic !) fort peu envié par nos voisins par ailleurs solidaires. On ignore les raisons qui ont poussé le jeune délinquant à mettre fin à ses jours mais l'on sait que les activités professionnelles de son père ont quelque importance aux yeux du public montchauvin et des communes environnantes, notamment sécessionnistes depuis deux ans puisqu'il est maire de Largolles. L'enquête suit son cours."

Bon sang ! Il fallait vraiment qu'il boive quelque chose de sérieux. Semántico se leva sèchement et alla droit au comptoir.

— Il y a quelqu'un dans cette taule ? Muryel ?
 
 Au bout d'une minute, un type apparut dans l'entrée de la cuisine en traînant des sandales de bois qui faisaient comme un socle à sa longue silhouette efflanquée. Sem ne l'avait jamais vu.

— Pas là, Muryel. Partie, Muryel, fit-il.
— Comment ça, partie ? Mais où ? Elle m'a servie une tarte, il y a une heure. Qu'est-ce qui se passe ?
— Sais plus, moi. Me l'a dit où partait, mais j'ai oublié.
— Et les autres ? Où sont-ils ?
— Partis avec elle aussi. Même temps. Vous parlez dans téléphone pendant qu'eux partir.
— Et ils vous ont laissé la baraque ?
— Fermer, ils m'ont dit. Leonid, tu restes jusqu'à deux heures, tu tout nettoire et tu fermes restaurant, ils m'ont dit. Nous, on revient lundi ; on est mariage. Alors, c'est quoi je vais faire : tout nettoire et fermer derrière à vous. Sinon je peux pas avoir quatre mains et quatre pieds.

Semántico en resta muet. Muryel ? De mariage ? Mais quoi, le sien ? Quand même, elle l'aurait prévenu. Quoique, pour quelle raison l'aurait-elle fait ?

— Bon, euh... servez-moi un demi, s'il vous plaît.
— Ça, je peux faire. Il faut que deux mains et deux pieds. Et ça, j'ai.

Pendant que Leonid versait une pression en en foutant partout, Semántico passa un bras derrière le comptoir et attrapa la liasse de vieux journaux de la semaine que Muryel gardait là pour emballer les ordures et faire des sous-docus. Il les tria vite fait et retourna à sa table avec le France-Nuit de samedi dernier et son demi, dont le faux col était tellement haut qu'on aurait pu lui mettre un nœud-papillon.

C'était bien ça ; l'article précédent concernant Montchauvier était là, presque à la même place. À l'époque, il l'avait lu en diagonale, trouvant ça bizarre mais pas particulièrement digne d'intérêt. Savoy Nerecim ne l'avait pas appelé, donc ça ne valait pas le coup.

"Une jeune fille disparaît entre deux trams !
Plusieurs témoins affirment avoir vu une adolescente (ou une jeune femme) qui, échappant à une dispute avec son petit ami en terrasse d'un restaurant de la fameuse place de la Parodie que l'Europe entière nous envie, aurait tenté de se réfugier entre deux rames de tramway en train de se croiser au niveau de l'arrêt du même nom que la place."

Semántico poussa un soupir douloureux, vérifiant que les initiales au bas de l'article étaient bien les mêmes : F. R. La confirmation ne lui apporta aucun soulagement ; bien au contraire, le refrain d'une chanson de Renaud lui revint en mémoire, une de l'époque giscardienne, avec le mot bordel dedans.

"Alors qu'une des rames quittait son quai et que l'autre y entrait, on a vu la jeune victime se précipiter devant la rame entrante sans que le chauffeur s'en aperçoive - ce qui l'aurait obligé à actionner le freinage d'urgence - et ce pour une raison inconnue. Lorsque la rame entrante s'est enfin arrêtée après un suspence (sic again !) insoutenable, certains des témoins avaient quitté leur siège aux terrasses pour venir voir à la rescousse. Des passagers avaient cru voir quelque chose depuis les fenêtres mais il faut dire qu'il y a beaucoup d'animation à cet arrêt, qui est le plus fréquenté de la Ligne 1. Des policiers présents sur les lieux immédiatement après les événements ont empêché la foule de prendre des risques inutiles et force fut de constater qu'après l'évacuation de la rame, il n'y avait personne sur les rails. Le mystère, lui, reste entier.
Les policiers, qui, de loin, avaient vu l'altercation ont intervenu (sic derechef !) rapidement pour l'interpellation du coupable, qui ne s'est pas défendu après avoir décliné son identité. Interrogée, la TOUM (Transports organisés urbains de Montchauvier) a nié tout événement dangereux lié à ses matériels, tandis que le jeune délincant (et sic de der !) était mis en garde à vue."

Semántico laissa tomber le journal sur la table. Le canard s'y déposa en poussant une espèce de soupir crispé. Au bord du guéridon, le verre de Jupiler entamé faisait une sorte de clocher drapé dans un échafaudage de papier. Quand il l'éclusa, midi sonnait justement quelque part, sous les bruits du trafic de la rue Truffaut. Leonid était sur le seuil de la cuisine et enfilait un manteau informe d'une épaisseur effrayante, vu qu'on était fin juin et qu'il faisait déjà sacrément chaud.

Semántico se leva, plia les deux articles, les glissa dans une poche-revolver, paya, salua Leonid de loin et sortit sans dire où il allait.

Juste derrière lui, Leonid boucla la grille après avoir scotché sur la vitre une feuille de papier où Muryel avait écrit :

Pour cause de mariage à Avranches
La cafét' du Projo ferme jusqu'à dimanche.
Le cinéma reste ouvert à la porte d'à-côté
Pour ceux qui, d'images, veulent se gaver.
Les mécontents reviendront lundi
Et, croyez-moi, ils seront servis !

                            Muryel, qui reste oratrice

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